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Castelnaud-de-Gratecambe attend toujours la réouverture de son épicerie...
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Olivier Garmond, maire de Castelnaud-de-Gratecambe (Lot-et-Garonne) : « Avec l’accueil et le prix, un petit exploitant peut s’en sortir, à condition d’avoir des horaires assez élastiques. »
Le problème de la désertification des commerces est sans doute la principale préoccupation des élus ruraux. Voici un nouvel exemple : le commerce multi-services de Castelnaud-de-Gratecambe, un village de 530 habitants situé dans le département du Lot-et-Garonne, a fermé ses portes le 29 juin dernier. Pour le maire, c’est un nouveau casse-tête puisque l’exploitant s’est placé en liquidation judiciaire et le dossier se retrouve bloqué jusqu’au 20 septembre. Olivier Garmond nous décrit la situation dans laquelle il se trouve et il nous livre sa vision du commerce rural : selon lui, l’affaire est viable pour un exploitant, à condition d’être seul.
L’Hebdo-Bourseplus : Où en êtes-vous après la fermeture de votre épicerie multi-services ?
Olivier Garmond : L’épicerie multi-services est aujourd’hui fermée et, comme l’ancien exploitant s’est mis en liquidation, c’est la liquidatrice de Villeneuve-sur-Lot qui a repris le bail. Donc, on est bloqué en ce moment et on ne peut pas récupérer notre boutique. La liquidatrice judiciaire a mis un délai jusqu’au 20 septembre pour effectuer la vente aux enchères du mobilier. Mais il n’y a plus de mobilier, puisque les exploitants ont tout vendu sur Internet avant de se mettre en liquidation. Elle veut également vendre le fonds de commerce mais, comme il n’y a plus de chiffre d’affaires, je pense qu’il n’y a plus de fonds de commerce ! Donc, c’est la liquidatrice qui détient le bail et nous ne pouvons pas récupérer notre boutique. C’est un investissement que nous avons mené en 2004 et nous continuons de rembourser un emprunt mensuel sur ce bâtiment, sans pouvoir rendre service à la population. On ne peut rien faire avant le 20 septembre. Nous avons quelques candidatures pour remettre un exploitant, mais on ne peut faire aucune annonce aujourd’hui.
La liquidatrice a sans doute conscience que cette affaire ne vaut plus grand-chose. La commune peut-elle proposer de la reprendre pour un euro symbolique ?
On envisagera cela à partir du 20 septembre, puisque c’est le délai fixé par la liquidatrice. Les huissiers sont passés et elle va bien s’apercevoir qu’il n’y a plus rien. Peut-être qu’elle envisage de vendre le fonds de commerce à quelqu’un, mais je ne sais pas sur quel chiffre elle peut se baser… Les anciens sont partis à la sauvette car ils n’ont pas été de bons exploitants. Le commerce a été ouvert en 2004. Les premiers exploitants ont cédé le bail, les seconds exploitants n’étaient pas commerçants, les derniers rentrés ne payaient pas les loyers et ils se sont mis en liquidation... Résultat, tout est bloqué ! La liquidation a été prononcée au mois de juillet, mais la procédure peut durer un an.
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