Entretien exclusif avec la députée Les Républicains des Yvelines, tête de liste de la droite et du centre pour les élections régionales en Ile-de-France
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Valérie Pécresse : « On assiste encore à la poursuite du matraquage fiscal sur les classes moyennes. »
France et, maintenant, on nous explique que la chute de la Chine n’aura aucun impact sur l’économie française. Le gouvernement souffle le chaud et le froid. Le pire, c’est la promesse de François Hollande de baisse des impôts, à un an des élections ! Il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages, comme dirait Michel Audiard, il ne faut pas prendre les Français pour des dupes ! François Hollande dit que l’on va baisser les impôts si la croissance revient. Une semaine après, il explique que l’on va baisser les impôts, quelle que soit la situation… C’est dire à quel point le président de la République, lui-même, ne croit pas au retour de la croissance en 2016... Il veut juste assurer sa réélection. Pour cela, il est prêt à tout, y compris à tirer des chèques en blanc sur le Trésor public avec les impôts des Français. Tout cela est extrêmement inquiétant. À cela s’ajoute l’exaspération des Français, qui s’aperçoivent que les baisses d’impôts ne sont pas pour eux. Il y a effectivement 9 millions de ménages qui ont vu leur facture d’impôt sur le revenu baisser mais, en réalité, l’ensemble des ménages français a vu ses impôts augmenter de 3,5 milliards. Cela veut dire que toutes les taxes ont augmenté et on assiste encore à la poursuite du matraquage fiscal sur les classes moyennes.
Face à cela, l’opposition ne donne toujours pas le sentiment que tout est organisé pour 2017 et les querelles internes troublent l’éventuel affichage d’un programme de reconquête…
Sur la question de notre candidat, ce n’est pas le moment d’en parler puisque la primaire aura lieu dans un an. L’échéance de cet automne, c’est la dernière échéance électorale avant l’élection présidentielle, celle des régionales. Les Français se désintéressent de ce scrutin régional, parce qu’ils ne savent absolument pas à quoi servent les régions. Pourtant, les régions peuvent beaucoup sur les sujets qui sont aujourd’hui leurs principaux sujets de préoccupation. Les régions, ce sont des dizaines de milliards d’euros d’impôts dépensés et cela doit se faire dans l’intérêt de tous. Par exemple, en Île-de-France, le budget est de 11,5 milliards d’euros : 5 milliards pour la région et 6,5 milliards pour les transports, qui sont aussi de la responsabilité régionale. On ne peut pas se désintéresser de l’utilisation de cette somme ! La gauche dirige la plupart des régions depuis plus de 10 ans et ces régions sont responsables de sujets cruciaux comme le développement économique, la formation professionnelle ou l’apprentissage. Les régions peuvent beaucoup et elles sont en partie responsables de l’échec collectif qui est le nôtre. Elles peuvent réparer en partie les dégâts causés par la politique du gouvernement Hollande. Je prends l’exemple de l’apprentissage, qui est en chute libre depuis deux ans. Certes l’État a coupé les vivres, mais les régions pourraient corriger le tir par une politique très volontariste. De la même façon, sur la question de l’insertion professionnelle des jeunes, j’ai proposé que toutes les subventions régionales accordées à des entreprises, des collectivités ou des associations, soient conditionnées à l’accueil d’un jeune pendant une durée d’au moins deux mois, en stage, en apprentissage ou en contrat d’insertion, de façon à leur ouvrir les portes du marché de l’emploi et à lutter contre l’ascenseur social qui est en panne et surtout cette république de la reproduction sociale et du piston que nous vivons actuellement.
Quand on interroge les Français sur leur région, par exemple l’Île-de-France, ils se souviennent du logo parce qu’il l’ont vu dans telle ou telle exposition ou manifestation culturelle, ils savent aussi qu’elle gère les transports en commun, mais cela s’arrête là…
C’est vrai, les Français ne savent pas ce que fait la région en matière de développement économique ou d’emploi, et pour cause, puisque pas grand chose n’a été fait, notamment pour s’assurer que la formation professionnelle aille vraiment vers ceux qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire les personnes en recherche d’emploi. Si l’on prend la compétence transports, qui est connue, on observe que 30 ans de délaissement des transports ont causé une perte d’attractivité et de qualité de vie extrêmement forte en Île-de-France. La gauche n’a pas investi l’argent nécessaire et, comme toujours, elle a dépensé cet argent en subventions et en train de vie. À trois mois des élections, elle décide de baisser massivement les tarifs du passe Navigo pour les habitants de la grande couronne... La question est simple aujourd’hui : pour cette mesure de passe Navigo à 70 euros, il manque 300 millions d’euros ! Je ne reviendrai pas dessus, il n’est pas question pour moi de jouer avec le pouvoir d’achat des Franciliens, mais je dis comment et où je trouverai 300 millions pour financer cette mesure. D’abord, je lutterai contre la fraude dans les transports qui, aujourd’hui, représente plus de 500 millions d’euros sur la France entière, dont 200 millions en Île-de-France, en demandant que chaque usager des transports soit porteur d’un papier d’identité et que les contrôleurs puissent contrôler les identités, ce qui permettra enfin de recouvrer les amendes et delutter efficacement contre la fraude. Je supprimerai les 75% de réduction pour les étrangers en situation irrégulière et leur famille, car cela coûte des dizaines de millions d’euros à la région chaque année, puisque 110 000 personnes en bénéficient et, si cette mesure est maintenue, avec l’afflux des migrants en Île-de-France, elle sera chaque jour plus coûteuse alors que tous les étrangers en situation régulière et les Français paient plein pot ! Ce sont donc 70 millions d’euros de recouvrés. Enfin, je déménagerai le siège de la région qui, aujourd’hui, se compose de cinq hôtels particuliers dans le VIIe arrondissement et de 26 millions d’euros de bureaux loués dans les arrondissements les plus chers de Paris. Je déménagerai en Seine-Saint-Denis ou dans le Val-de-Marne, de façon à économiser au moins une vingtaine de millions d’euros de loyers par an. Je financerai donc la baisse des tarifs dans les transports, mais pas par une baisse d’investissements, ce qui serait insupportable pour les voyageurs qui subissent des trains vétustes, en retard, et qui sont pris dans les bouchons… Donc, pas de baisse d’investissements et pas de hausse supplémentaire des impôts. J’attends de mes adversaires qu’ils disent comment ils comptent financer cette baisse des tarifs des transports.
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