Normandie : le marché de la transaction retrouve des couleurs, mais le marché locatif tourne à vide

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Brieuc Legay, président de la région FNAIM Normandie : « La proximité de Paris amène à Rouen une clientèle que Caen n’a pas. »

La FNAIM vient de publier une analyse sur le marché immobilier en Normandie. Première observation : le marché de la transaction retrouve des couleurs. L’étude indique : «On constatait un léger redémarrage à la rentrée 2014, celui-ci a été confirmé au 1er semestre 2015 avec une augmentation de l’activité de 20 à 30%, qui reste toutefois fragile. Et si Rouen et Caen s’affichent en nette progression, ce n’est en revanche pas le cas au Havre. La reprise a lieu sur tous les types de biens et les acquéreurs (plus nombreux que les vendeurs) sont aussi bien des primo-accédants que des secundo-accédants. Les investisseurs quant à eux ont déserté le marché existant, mais reviennent tout doucement sur le neuf pour profiter du dispositif Pinel. Côté prix, la baisse s’est stabilisée, on note le retour de ventes à gros budget autour de 700 000 euros que l’on ne voyait plus depuis au moins 2 ans. L’arrivée de Parisiens avec un plus fort pouvoir d’achat, notamment sur Rouen, explique en partie ces montants. Mais il existe de nombreux micro-marchés, avec des prix variant de 1 500 à 2 500 euros/m2. Le délai de vente a baissé : un 4 pièces de 80 m2 trouvait preneur en 6 mois environ en septembre 2014, il se négocie aujourd’hui en 3 mois. Et de nombreux biens, sur le marché existant, se vendent en 15 jours / 3 semaines à Caen et Rouen». Deuxième constat : le marché locatif tourne à vide. En effet, selon la FNAIM Normandie, «de manière générale, sur toute la région, les locations ne trouvent pas preneurs même lorsqu’elles ont été rénovées, on compte trop d’offres (dont de nombreuses résidences étudiantes neuves en surabondance) alors que le développement économique reste faible, générant un stock important de logements vides, du studio au 5 pièces. Les loyers sont à la baisse, quels que soient les biens». Brieuc Legay, président de la région FNAIM Normandie, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Quelles sont les spécificités des marchés de Deauville, Caen et Rouen ?

Brieuc Legay : Ce ne sont pas du tout les mêmes problématiques, ni les mêmes clientèles à Deauville, Caen ou Rouen. Il y a cependant une tendance similaire entre Caen et Rouen, mais ce n’est pas du tout la même typologie que Deauville. Clairement, on observe une reprise dans les grandes agglomérations, mais dès que l’on s’éloigne et que le facteur transports en commun devient compliqué, on n’est plus du tout dans la même dynamique. Donc, les gens ne veulent pas trop s’éloigner et ils veulent aussi des transports faciles. Deauville est un cas à part. Cela n’a rien à voir avec la Normandie, puisque c’est très touristique et les prix du marché sont vraiment atypiques pour nous. C’est vraiment une clientèle parisienne. C’est presque un arrondissement parisien.


Donc, le marché continue d’être en crise dès que l’on sort des grandes villes…

Pas forcément. La reprise s’observe aussi dans les villes périphériques dès lors qu’il y a un accès facile, notamment une desserte de train vers le centre. Maintenant, quand vous êtes à une heure de route de Rouen, les prix sont évidemment différents.

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