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Investir dans le vert... en prenant ses précautions.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Le 4 septembre (numéro 807) : “La sélection des titres aux meilleurs rendements”. Bonne lecture !!!
La plupart des fonds d’investissement qui cherchent des « valeurs vertes » se dirigent, souvent, vers les deux géants de l’eau, de l’assainissement, et des déchets que sont Veolia et Suez Environnement. Ont-ils raison ? Sur le fond, il est évident que Veolia Environnement reste, de loin, le numéro un mondial des prestations de services à l’environnement. La moitié du chiffre d’affaires est réalisée dans les prestations de services liées à l’eau (numéro un mondial), tels que l’assainissement, la distribution d’eau potable, et tout un tas de services liés, notamment dans la conception, la construction et l’installation de traitement des eaux, ou dans l’ingénierie. Un gros tiers du chiffre d’affaires est également réalisé dans la prestation de services de propreté, où, là encore, Veolia se trouve être le numéro un mondial.
Qu’il s’agisse de l’entretien d’espaces publics, du nettoyage et de la maintenance de sites industriels ou tout simplement le relevage des ordures ménagères, puis leur traitement, le groupe Veolia est présent, massivement, un peu partout dans le monde. Le Veolia d’aujourd’hui a maigri, s’est recentré, s’est désendetté. On est désormais sur une entreprise qui attrape moins de choses, qui est sortie du transport urbain, et qui a retrouvé une rentabilité plus saine, même si l’on travaille sur une base plus réduite, de l’ordre de 24 à 25 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel contre 35 milliards en 2010. On peut dire que, pour Veolia comme pour Suez Environnement, « le diable porte Pierre ».
Tirer profit de nos turpitudes...
En effet, ce sont des entreprises qui tirent parti de nos turpitudes, de nos déchets, de notre incapacité à restreindre nos gaspillages. Au moment où je rédige cette étude, les résultats semestriels de Veolia ne sont pas connus. En revanche, son éternel rival, Suez Environnement, vient de publier des résultats en croissance, grâce à sa division Eau Europe, et surtout à ses importantes réductions de coûts. Suez Environnement, du fait de la transformation de GDF Suez en Engie, a décidé de supprimer le mot environnement de son nom, il faut désormais l’appeler Suez, à l’image de la ville égyptienne où fut percé, historiquement, le canal, à l’origine de l’entreprise, dans une vie antérieure. Suez sort une très jolie rentabilité avec un résultat opérationnel avant impôts et amortissements (EBITDA) de 1,293 milliard d’euros (plus 2 % à périmètre et change constants), sur un chiffre d’affaires de 7,295 milliards, en croissance de 1,9 % en organique. L’entreprise vise une croissance à ce rythme, voire légèrement plus, pour les trois ou quatre prochaines années. Du coup, cela donnera à Suez la capacité d’augmenter son dividende, qui est actuellement de 0,65 euro, et qui pourrait s’aligner sur celui distribué par Veolia, à 0,70. Suez est plus attractif, au cours actuel, puisque l’on est à 17 euros environ, alors que Veolia est remonté récemment au-dessus de 20 euros, ce qui ne donne presque plus de capacité d’augmentation du cours de Bourse. Il y a également un côté spéculatif sur Suez puisque le groupe Engie pourrait décider, dans les trimestres à venir, de vendre sa participation dans le capital de son ancienne filiale.
Engie va vendre Suez Environnement.