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Le marché immobilier retrouve des couleurs, mais l’excès de normes et de réglementations contribue à le fragiliser
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Laurent Vimont, président du réseau Century 21 : « L’encadrement des loyers est un dispositif dévastateur qui n’aura que des effets négatifs sur le marché immobilier à Paris. »
Les acheteurs reviennent et les prix ne baissent plus, le marché de l’immobilier est en train de connaître une nouvelle embellie et le mouvement de baisse des prix, amorcé en 2011, est enrayé. Century 21, premier réseau français, fort de ses 850 agences, a par exemple enregistré, pour le premier semestre, 15,2% de ventes de plus qu’un an plus tôt : «Juin est notre meilleur mois de vente, avec une hausse d’activité de 28%, y compris à Paris», se félicite Laurent Vimont, PDG de Century 21. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Depuis quelques semaines, les professionnels de l’immobilier estiment que l’on assiste à la fin de la période de baisse. Partagez-vous cet optimisme ?
Laurent Vimont : Je n’ai jamais été pessimiste pour le marché immobilier, parce que je considère qu’avec 700 000 transactions par an et les volumes de ventes que nous avons connus en 2013 et en 2014, il n’y avait pas le feu au lac. Depuis le premier trimestre 2015, on observe un regain d’activité extrêmement important puisque nos promesses de vente ont augmenté de 15%, avec une accélération au deuxième trimestre 2015. Les acheteurs ont compris que les prix ne baisseraient plus beaucoup et les taux bas ont eu deux conséquences. La première, c’est qu’ils ont rendu plus de clients solvables. La seconde, c’est que les solvables se sont retrouvés plus riches virtuellement. Si vous prenez une mensualité de 1000 euros par mois sur 20 ans, pour un prêt immobilier, avec un taux à 4%, la banque vous prête environ 172 000 euros et, avec un taux à 2%, elle vous prête 195 000 euros. Vous avez un gain de pouvoir d’achat qui permet de passer du « Je veux acheter » à « Je peux acheter ».
De nombreux propriétaires n’ont pas voulu vendre pendant la baisse des prix. Finalement, il n’y a pas eu de krach immobilier…
Il n’y a pas eu de krach immobilier, malgré les prévisions de certains économistes extrêmement éclairés qui annonçaient des baisses de 20 à 25%. Le cumul des baisses depuis trois ans représente environ 6% des prix de l’immobilier. Mais il y a de fortes disparités et il faut donc relativiser entre Paris, les grandes agglomérations et les zones rurales. Les baisses sont accentuées sur le marché des résidences secondaires, principalement dans les pays de terre, pas au bord de la mer, où nous avons vu des baisses de 15 à 20%. Les vendeurs ont intégré un phénomène qui n’était pas forcément facile à comprendre. Généralement, tous les vendeurs rachètent un bien derrière, généralement plus grand et mieux placé, et la baisse de prix qu’ils consentaient sur ce qu’ils vendaient leur permettait aussi de gagner sur ce qu’ils achetaient… Les vendeurs qui étaient bloqués sur le marché ont pu vendre leur logement en acceptant la baisse de prix, car ils avaient compris qu’ils allaient regagner ce qu’ils avaient perdu sur la vente dans l’acquisition de leur nouveau logement.
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