La dématérialisation : une réalité pour beaucoup d’entreprises
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
Emmanuel Olivier, directeur général d’Esker : « C’est une démarche longue, il n’y a pas de big-bang de la dématérialisation. »
Esker est l’un des principaux éditeurs mondiaux de solution de dématérialisation des documents en mode Cloud. Esker permet aux entreprises de dématérialiser le traitement de leurs documents de gestion : commandes d’achats, factures fournisseurs, commandes clients, factures clients, réclamations clients... Les solutions logicielles sont adaptées à tous les environnements : géographiques, réglementaires et technologiques. Les solutions d’Esker sont utilisées par plus de 11 000 clients dans le monde, des ETI aux grands groupes, parmi lesquels Arkadin, Bel, BioMérieux, Bayer, Direct Énergie, Léa Nature, Sanofi, Staci, Vaillant Group ou encore Whirlpool. Avec un chiffre d’affaires de 46,1 millions d’euros en 2014, dont 65% sont issus de ses solutions Cloud, Esker se positionne comme le 21ème éditeur de logiciels français et le 3ème en région Rhône-Alpes selon le classement Truffle 100 France 2015. Opérant en Amérique du Nord, en Europe et en Asie/Pacifique, Esker est l’un des éditeurs de logiciels français les plus présents à l’international avec 65% de son chiffre d’affaires réalisé hors de France, dont 40% aux États-Unis. Pour le deuxième trimestre de son exercice 2015, Esker fait état d’un chiffre d’affaires consolidé de 14,7 millions d’euros, en croissance de 35% par rapport au même trimestre de l’exercice précédent. A périmètre comparable et taux de change constant, le chiffre d’affaires de l’entreprise progresse de 18%. La récurrence du chiffre d’affaires, proche de 80%, et l’entrée en production des nouveaux et nombreux contrats signés au cours de ce trimestre permettent à Esker d’anticiper une croissance de son chiffre d’affaires cette année. Emmanuel Olivier, directeur général d’Esker, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes spécialisés dans la dématérialisation et votre activité est en progression de 35% au cours du deuxième trimestre 2015. Est-ce la conséquence de la hausse des projets de dématérialisation ?
Emmanuel Olivier : Il y a plusieurs éléments dans cette progression de 35%. Il y a effectivement une accélération des projets de dématérialisation dans les entreprises, à l’origine d’une croissance organique qui s’accélère. Sur le deuxième trimestre, la croissance organique est de 18%. Pour arriver à 35%, il faut prendre en compte le fait que nous avons effectué quelques rachats d’entreprises au cours de ces derniers mois et c’est donc une croissance externe qui vient s’ajouter à notre croissance organique. Enfin, nous réalisons 45% de notre activité aux États-Unis et le taux du dollar est cette année bien supérieur à ce qu’il était l’année dernière. Par conséquent, la valorisation de ces activités dans nos comptes crée un surcroît de croissance. C’est la totalité de ces éléments qui nous fait arriver à 35% : il y a 18% de croissance de nos activités, le reste étant du taux de change et de la croissance externe.
On observe que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à aller vers la dématérialisation. Comment expliquez-vous cette évolution ? Est-ce le fait de la politique menée par les pouvoirs publics dans ce domaine ? Est-ce également le développement de la dématérialisation dans les grandes entreprises qui a un impact auprès des PME ?
Je pense que nous en sommes au début. L’impact de la puissance publique est important. En France, vous avez une initiative qui s’appelle Chorus, qui va rendre graduellement obligatoire la facture électronique quand des entreprises privées vendent à l’État, des collectivités ou des établissements publics. Dès l’année prochaine, pour certaines catégories de transactions, la facture électronique va être obligatoire à travers la plate-forme Chorus. Donc, cela force toutes les entreprises qui, de près ou de loin, travaillent avec l’État et cela pénètre forcément dans les relations entre les entreprises. Ce qui est vrai en France est aussi vrai dans d’autres pays, puisque la même initiative existe en Espagne ou en Italie de manière quasi simultanée.
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