Chômage : un parlementaire expose les réformes nécessaires

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Laurent Furst, député Les Républicains du Bas-Rhin : « Il faut d’abord faire tout ce que l’on peut faire sans que cela génère forcément une contestation et une explosion sociale. »

Laurent Furst est député Les Républicains du Bas-Rhin et maire de Molsheim. Il vient de dénoncer un «désastre social» à l’Assemblée nationale : «Le chômage vient d’augmenter pour la trente-deuxième fois sur trente-six mois de présidence Hollande. On compte désormais 1,1 million de chômeurs supplémentaires». S’adressant à Manuel Valls, il a poursuivi : «Vous devriez, Monsieur le Premier ministre, réfléchir aux dégâts des lois toxiques pour l’économie que vous avez fait adopter, telles la loi Florange, la loi Duflot, la loi sur le dialogue social, ou encore la suppression des heures supplémentaires défiscalisées. Depuis trois ans, François Hollande n’a cessé de dire que la courbe du chômage allait s’inverser. Il a même affirmé qu’il ne pourrait être candidat à la prochaine présidentielle si ce n’était pas le cas». Michel Sapin, ministre des Finances et des comptes publics, a répondu en rappelant que «le chômage a explosé au cours du précédent quinquennat, puisqu’on comptait 500 000 chômeurs de plus en 2012 qu’au moment de l’élection de Monsieur Sarkozy. Le chômage n’a pas cessé d’augmenter au cours des dernières années et des derniers mois de ce quinquennat». Le ministre a enchaîné : «La grande bataille qui est la nôtre, celle que nous sommes tout juste en train de gagner, mais qu’il faut conforter, c’est celle du retour de la croissance. Le premier trimestre de cette année a été positif, et même très positif. Nous souhaitons, et j’espère que ce sera avec votre soutien, ou avec votre volonté, même intériorisée – car vous n’avez pas besoin de l’exprimer – que cette croissance soit plus forte encore. Une croissance forte, une croissance durable, c’est la certitude de faire reculer durablement le chômage». Laurent Furst revient sur ce sujet pour L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous intervenez souvent à l’Assemblée nationale sur la question du chômage. Il existe de nombreuses recettes, très simples à mettre en œuvre, mais elles ne sont pourtant pas appliquées. Beaucoup de nos concitoyens ont le sentiment que rien n’est fait dans ce domaine. Pourquoi la classe politique n’arrive-t-elle pas à faire bouger les lignes depuis 20 ou 30 ans ?

Laurent Furst : Depuis l’arrivée de François Hollande, il y a 1 120 000 demandeurs d’emploi supplémentaires et, sur 36 mois de présidence, il y a 32 mois de hausse du chômage ! Dans une question précédente, j’avais d’ailleurs souligné, il y a quelques semaines, que des pays comme l’Allemagne et l’Angleterre, qui sont à la fois nos partenaires et nos concurrents, ont connu des améliorations comparatives de leur situation, alors que la situation de notre pays continuait à se dégrader. C’est relativement simple à comprendre. Tant que les Français n’avaient pas un sentiment de gravité qui les pousserait à accepter un certain nombre de réformes structurelles, l’ensemble de la nation, y compris ceux qui la dirigent, pouvait se satisfaire de cette situation. Aujourd’hui, notre pays est dans une situation de grand danger. L’endettement public devient extrêmement massif et il y a un effet anesthésiant avec les taux d’intérêt qui sont faibles. Il suffit d’une augmentation de quelques points des taux d’intérêt pour avoir une situation extrêmement difficile et un budget qui serait quasiment impossible à boucler. Nous sommes entrés véritablement dans une zone rouge. Pour le chômage, les amortisseurs sociaux ont réussi à cacher la réalité des souffrances sociales, mais aujourd’hui on a quand même neuf millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté et vous avez quasiment un actif sur cinq qui est, soit au chômage, soit sous le seuil de pauvreté. C’est une dégradation assez terrible de la situation.


Votre photographie est juste, elle est dramatique, mais on a l’impression que le pays continue de vivre normalement alors qu’ailleurs, cela aurait déjà explosé…

Notre pays n’a pas une culture réformiste. On parle beaucoup de réformes, mais nous en faisons très peu alors qu’en Allemagne ou en Europe du Nord on sait très bien s’adapter car, chez eux, coller à la réalité est une culture. Chez nous, nous avons une culture très conservatrice, y compris dans le champ social, jusqu’au moment où nous arrivons à une extrême limite : à ce moment-là, on accepte de faire des réformes. Je crois que nous arrivons aujourd’hui à cette limite. Il faut faire des réformes rapidement.

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