Grèce : qui veut paumer des milliards ?
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. La semaine prochaine (numéro 803) : “Alcoa : un empire d’aluminium”. Bonne lecture !!!
Depuis plusieurs semaines, on pourrait dire depuis plusieurs mois ou plusieurs années, sans que cela change quelque chose à la rhétorique, la Grèce, qui a menti pourintégrer la zone euro, qui a truqué ses comptes, qui a distribué des avantages sociaux alors qu’elle ne créait aucune richesse, sur argent emprunté, est aujourd’hui face à son mur de dette, et exige de ses créanciers « un effort », effort qu’elle refuse d’effectuer, puisqu’il convient de le rappeler, les Grecs ne paient pas leurs impôts, le cadastre n’y est pas à jour… et les Grecs n’ont pas l’intention de se mettre au travail, afin de réduire, dans l’honneur, le fardeau pour les générations futures. Ce mardi, le nouveau ministre grec de l’économie est arrivé à Bruxelles les mains dans les poches, en sifflotant… sans poser sur la table ne serait-ce que la première des propositions, rien d’écrit, il a « accepté » d’énoncer quelques propositions à l’oral, qui étaient tout simples : je vous ai emprunté de l’argent, faites-moi une ristourne, et je vous paierai… peut-être !
Il faut comprendre que les dix-huit partenaires de la zone euro, qui ont prêté alors qu’ils étaient dans une situation parfois très délicate comme le Portugal, l’Irlande, l’Espagne, la Slovaquie… les Pays Baltes, ont été particulièrement énervés devant ce genre d’attitude. Angela Merkel, si elle voulait saisir la balle au bond, pourrait demander l’avis du peuple allemand, via un référendum, qui se résoudrait de façon simple : 90 % de « nein » pour la poursuite du sauvetage, à fonds perdu, du peuple grec.
Des abus ? Non : un système généralisé.
Le guignol de service, Thomas Piketty, pseudo-économiste qui est, dans les faits, un vrai marxiste, ose remettre, soixante-dix ans plus tard, le dossier des destructions de la guerre, et de la responsabilité morale de l’Allemagne, alors que les Allemands d’aujourd’hui ne sont vraiment pour rien dans cette dette grecque qui vient de préretraites à 53 ans, d’avantages sociaux complètement scandaleux et souvent escroqués (467 « aveugles » dans une île… deux, après contrôle, le contrôleur a été stupéfait de voir que le taxi de l’île conduisait très bien une voiture alors qu’il était censé être aveugle, puisque récipiendaire d’une pension d’invalidité liée à sa cécité). La religion orthodoxe croit aux miracles… visiblement, c’est un prétexte pour couvrir l’escroquerie. Pendant ce temps-là, François Hollande, qui a amusé la galerie en recevant lundi soir Angela Merkel à l’Elysée essaie un numéro d’équilibriste, tout juste de retour d’une tournée africaine où il est allé se faire acclamer (ce n’est pas en France que cela arriverait), soutenant Alexis Tsipras pour des raisons de politique intérieure, afin d’avoir le soutien du Parti communiste français pour l’élection de 2017.
Tout cela, ce n’est pas « joli-joli ». Il convient donc de passer à la phase décryptage, et de regarder les conséquences de la crise de la dette grecque sur la stabilité financière dans le reste de la zone euro. Tout d’abord, après le passage de 50 % de pertes dans les créances bancaires, il y a déjà quelques années de cela, les différentes échéances détenues par les banques européennes ont été honorées, refinancées par le Fonds monétaire international et par les Trésors publics européens, dont plus de 40 milliards d’euros ont été prêtés, directement, par l’Etat français, ce qui se retrouve dans notre dette à nous. Les banques occidentales sont sorties de Grèce, avec pertes, mais pas beaucoup de fracas, les actionnaires du Crédit Agricole, notamment, ont laissé passer 14 milliards d’euros de paume sur la Grèce sans sourciller, alors que l’argent venait directement de leurs poches. L’affaire de la banque Emporiki est une gigantesque escroquerie, l’argent n’a pas été perdu pour tout le monde, mais cela, on n’en saura jamais rien, puisqu’à ma connaissance, il n’y a pas de plainte qui soit en cours, aucun actionnaire individuel du Crédit Agricole n’a osé saisir la justice… Nous sommes dans le doux pays de la République bananière de France.
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