Le secteur de la pharmacie va lui aussi devoir s’adapter à la révolution Internet

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Cédric O’Neill, cofondateur de 1001pharmacies : « Je pense que l’innovation viendra de l’extérieur et pas des pharmaciens eux-mêmes, mais j’espère me tromper. »

1001pharmacies.com, première place de marché dédiée à la vente de produits de santé sur Internet, vient de finaliser un tour de table de 8 millions d’euros auprès de deux fonds d’investissement, Newfund et CM-CIC Capital Privé, d’investisseurs reconnus, dont Xavier Niel et Pierre Kosciusko-Morizet, et BPIfrance, afin d’accélérer sa croissance et son développement en France et en Europe. Le secteur de la pharmacie ne représente pas encore une part de marché importante sur Internet, mais les choses évoluent… Cédric O’Neill, pharmacien et co-fondateur de 1001pharmacies, souligne : «Nous enregistrons actuellement une croissance de 20% à 30% tous les mois, ce qui conforte notre objectif de dépasser les 500 millions de ventes en ligne en 2019. Le marché de la santé et de la pharmacie en ligne est un marché massif qui se déporte rapidement sur Internet. Grâce à ces financements et à l’accompagnement d’investisseurs prestigieux, nous comptons asseoir notre leadership et réaliser rapidement nos ambitions en France et en Europe». 1001pharmacies travaille avec toute la chaîne de l’industrie pharmaceutique : 900 vendeurs, dont 550 pharmacies, vendent leurs produits sur la place de marché. Cédric O’Neill répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus. 



L’Hebdo-Bourseplus : Vous aviez l’année dernière l’objectif de développer le nombre de pharmacies partenaires. Où en êtes-vous ? Les pharmaciens acceptent-ils facilement l’idée de travailler avec un opérateur Internet ?

Cédric O’Neill : Nous nous sommes rendu compte au cours de l’année en cours qu’il serait compliqué de convaincre plusieurs milliers de pharmaciens. Nous avons déjà 550 pharmacies partenaires et, plus on avance, plus il est difficile de convaincre les pharmaciens. C’est la raison pour laquelle nous ne nous sommes pas focalisés sur ce point. Nos clients, ce sont les internautes et, ce qui importe, ce n’est pas le nombre de pharmacies, mais le nombre de références que nous allons pouvoir proposer aux internautes. Nous avons développé des partenariats avec des grosses pharmacies, celles qui ont beaucoup de produits en catalogue, mais nous avons également noué des partenariats exclusifs avec certains laboratoires, dont les produits ne sont pas vendus en pharmacie, pour les vendre en direct sur Internet. Il y a à peu près 350 laboratoires dont les produits ne sont pas chez les pharmaciens et cela nous permet d’avoir un catalogue de 25 000 références sur 1001pharmacies. Ce qui compte, c’est le nombre de références. On se retrouve face à un opérateur comme Amazon, qui peut avoir 5000 produits communs avec nous, et nous avons à peu près 20 000 produits où nous sommes les seuls positionnés, avec beaucoup de produits de niche, comme du matériel médical ou des produits vétérinaires. Cela nous permet d’attirer une large clientèle et de fidéliser les internautes.


Finalement, vous avez inventé un modèle économique qui se situe à mi-chemin entre le commerce physique et le commerce électronique…

Exactement. C’est un modèle hybride : d’abord, on se connecte directement sur les logiciels de gestion des pharmaciens partenaires, cela nous permet de récupérer l’information sur les produits en stock dans les pharmacies, les quantités et les prix, nous faisons remonter cette information sur notre site Internet et nous sommes en capacité d’afficher tous les produits disponibles chez notre pharmacien partenaire. Nous pouvons donc mettre ces produits à la vente auprès des internautes qui ont la possibilité de se faire expédier directement les produits à domicile. C’est la pharmacie qui s’occupe de la logistique. L’internaute a aussi la possibilité, connaissant la disponibilité des produits, de se rendre directement en pharmacie pour aller les récupérer.

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