Une jeune pousse innove en lançant le premier système au monde de paiement en espèces d’achats sur Internet.

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Olivier Jamault, fondateur de CashWay : « Il y a toujours une inquiétude autour de la fraude sur Internet, qui est 25 fois plus importante que pour le commerce classique. »

Les innovations autour de l’Internet n’ont jamais été aussi nombreuses et, même dans le domaine de la transaction financière, on peut innover en revenant au règlement en espèces ! CashWay, labellisée Finance Innovation en mai dernier, vient d’ouvrir son système de paiement en cash sur Internet. Désormais, les commerçants en ligne peuvent proposer à leur clientèle la possibilité de régler leurs achats en argent liquide en se rendant chez un buraliste partenaire pour finaliser leur transaction. C’est aussi une solution de paiement sur Internet pour ceux qui n’ont pas de carte bancaire. Le paiement en espèces via CashWay permet également de récupérer les clients qui viennent de subir un échec lors d’une transaction bancaire. En effet, en proposant à l’internaute de poursuivre son achat grâce à une solution de paiement alternative, le site augmente ses chances de finaliser sa vente. Pour la mise en place de son système, CashWay a fait appel au réseau des buralistes, qui sont largement présents sur toute la France. CashWay vient de boucler une première levée de fonds de 300 000 euros afin d’accélérer son développement, notamment à l’international. Olivier Jamault, fondateur de CashWay, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous lancez votre solution de paiement en espèces pour les sites de commerce en ligne. Il y a quelques années, les gens craignaient de communiquer leur numéro de carte bancaire pour des raisons de sécurité. Depuis, il y a eu beaucoup de pédagogie autour de la cybersécurité, il existe aussi Paypal et différentes solutions de paiement… Cela signifie-t-il qu’il y ait toujours une petite partie de la population qui reste réfractaire au paiement en ligne pour des raisons de sécurité ?

Olivier Jamault : Tout à fait. Il y a toujours une inquiétude autour de la fraude sur Internet, qui est 25 fois plus importante que pour le commerce classique. Il y a aussi un problème technique. En France, il y a toujours cette faculté de répudiation du paiement : un porteur de carte bancaire a la capacité, pendant 13 mois, de se retourner vers le site marchand en disant : «Ce n’est pas moi qui ai utilisé cette carte bancaire…» Cette règle était à l’origine faite pour protéger les consommateurs, mais elle est aujourd’hui utilisée par les fraudeurs. Un fraudeur peut faire un achat sur Internet, se faire livrer dans un endroit où il ne pourra pas être retrouvé, comme un point relais où le commerçant ne sera pas très regardant sur la vérification de sa carte d’identité. Avant 13 mois, le fraudeur peut appeler sa banque en disant : « Ce n’est pas moi qui ai utilisé cette carte bancaire…» Dans ce cadre, celui qui paie systématiquement, c’est le site Internet qui est systématiquement débité de la transaction frauduleuse. C’est ce que l’on appelle la faculté de répudiation ! Pour cette raison, les sites s’équipent d’outils de plus en plus importants contre la fraude pour essayer de la limiter. Mais en limitant la fraude, ils limitent aussi les achats, puisque l’on s’aperçoit qu’en moyenne 15% des transactions sont en échec… L’échec principal, c’est le système 3D Secure, c’est-à-dire le code que vous recevez sur votre téléphone portable pour émettre un achat. Aujourd’hui, plus de 15% des transactions sont refusées par le 3D Secure.

Par exemple, lorsqu’il y a un compte joint avec deux numéros de téléphone, Madame a la carte et Monsieur le numéro de téléphone… Si Monsieur n’est pas joignable, la transaction est refusée... De la même manière, quand vous avez un iPhone et, si au moment où vous faites la transaction, la batterie de votre téléphone s’arrête, il faut 7 à 8 minutes pour redémarrer complètement le téléphone, or c’est le délai maximum pour 3D Secure… Donc, la transaction s’arrête. Autre exemple  : quand vous louez une voiture, le loueur va prendre par défaut une caution sur votre carte bancaire. Or, cette caution est le plafond de la carte bancaire qui va être utilisée. Vous avez beau avoir de l’argent sur votre compte, si votre plafond de carte bancaire est à 1500 euros, le loueur va prendre une empreinte de carte bancaire pour 1499 euros et, pendant un mois, vous ne pourrez plus acheter sur Internet ! Donc, même quand on a une carte bancaire, on a en moyenne 15% de transactions refusées. C’est une horreur pour un site de commerce en ligne. En effet, le client est venu sur le site, il a validé le prix, il a validé la commande de ce qu’il avait décidé d’acheter, il est prêt à payer, il a passé du temps pour créer son compte et c’est au moment où il va appuyer sur «Payer» que les choses ne fonctionnent pas... Cela entraîne une vraie frustration du client, qui ne va plus aller sur le site, et une frustration du site, qui a perdu un client. CashWay est une réponse à tous ces problèmes.


Concrètement, comment cela fonctionne-t-il ?

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