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L’eurodollar "vote" le "Grexit"
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Les marchés ont été fortement secoués, dans les deux sens, tout au long de ces deux dernières semaines. Le dossier grec étant bien entendu au centre de l’intérêt de l’ensemble des marchés financiers internationaux. Un pas en avant, deux en arrière, la « Syrtaki » du chef de gouvernement grec, Alexis Tsipras a fin par donner le tournis aux marchés à l’instar des derviches tourneurs du voisin et ennemi éternel, la Turquie. Pourtant, ils sont nombreux les intervenants sur les marchés à croire qu’un énième replâtrage de la dette grecque résoudrait les problèmes douloureux de ce pays et du même coup celui de l’euro. Je persiste et je signe qu’il n’y ait qu’un chemin vers la solution, celui de sa sortie de l’euro, quitte à y revenir deux à trois ans plus tard avec une autre parité et après avoir subi une véritable cure. Il faut bien se résoudre à admettre qu’il faille passer par un effacement des trois quarts de sa dette même en restant dans la zone euro. Pourtant, le fond du problème est ailleurs : la Grèce ne pourra que creuser ses déficits à long terme si elle restait dans l’euro, et ce, hors charge de la dette. La preuve nous a encore été donnée par la forte baisse de l’euro qui n’a même pas permis de résorber un iota de ses déficits extérieurs.
Or, aujourd’hui, l’opinion publique de la plupart des pays de l’Union est fortement hostile à toute aide financière supplémentaire à la Grèce. Actuellement, les négociations semblent semblent se diriger vers une augmentation de cette aide via la BCE et les fonds de stabilisation de la dette. D’ailleurs, l’eurodollar réagit fortement en fonction de la direction que prennent ces négociations. Ainsi, lorsque l’impasse prend le dessus, celui-ci remonte fortement et inversement. Autrement dit, les investisseurs achètent de l’euro lorsque le scénario de la sortie de la Grèce (« Grexit ») prend le dessus. Cela semble à priori paradoxal, mais il s’explique tout simplement par le fait que les marchés n’aiment pas les incertitudes et les problèmes qui s’éternisent et dont on a du mal à en évaluer les conséquences à moyen terme. Sur les marchés actions, on remarque également que les acheteurs reviennent massivement et se ruent à l’achat dès que les médias affichent de l’optimisme sur ce dossier crucial. De même, dès qu’il y a blocage dans les négociations, les vendeurs s’activent et font pression sur les cours, parfois jusqu’à affoler les investisseurs restés sereins jusque-là. Dans les séances à venir, les choses devraient continuer à évoluer ainsi avec une volatilité allant crescendo.
Du point de vue technique, j’ai légèrement modifié le canal de correction actuel du Cac 40, mais pas celui du Dax dont le support n’a jamais été cassé, et du coup le premier ne fait plus ressortir de cassure à la baisse. La ligne directrice étant désormais sa parallèle supérieure à laquelle la ligne de support doit s’adapter. Ainsi, les cours restent encore dans ce canal après avoir touché successivement le bas puis la haut qu’ils n’ont pas réussi à déborder pour le moment. J’attends par conséquent une poursuite de cette tendance globalement baissière au cours des semaines à venir. En revanche, en cas de dépassement des 5.100 points, un signal de hausse serait déclenché avec un objectif minimal évalué vers 5.300 points.
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