Notre-Dame-des-Landes : un parlementaire menace de bloquer le transfert du CHU de Nantes
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André Trillard, sénateur Les Républicains de Loire-Atlantique : « Je peux vous dire que l’État aura du mal à prendre l’arrêté d’ouverture du CHU de Nantes. J’ai ce qu’il faut pour cela. »
C’est un véritable coup de théâtre dans le dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : André Trillard, sénateur Les Républicains de Loire-Atlantique et ancien président du Conseil général de Loire-Atlantique, vient d’annoncer au Sénat qu’il a l’intention de déposer plusieurs recours contre l’ouverture du CHU de Nantes. Quel est le rapport avec Notre-Dame-des-Landes ? L’actuel CHU est situé dans le centre de Nantes et il doit déménager en périphérie, à côté de l’aéroport actuel de Nantes Atlantique. Or, dans des documents officiels, émanant de la préfecture de Loire Atlantique et datant de quelques années, André Trillard a découvert que le futur site du CHU se trouve dans l’axe des pistes de l’aéroport actuel et en zone de bruit, ce qui est évidemment totalement incompatible avec la présence d’un hôpital. Coût de l’opération : un milliard d’euros selon le parlementaire. Et peut-être même davantage, car la zone de bruit concernerait 50 000 habitants, qui seraient également en droit de demander à l’État de prendre en charge les frais d’insonorisation de leur logement ! Évidemment, tout cela pour dénoncer le dossier de Notre-Dame-des-Landes qui traîne encore. Rien n’avance sur le terrain. Les élus et les entrepreneurs qui sont favorables à l’aéroport commencent à s’impatienter. André Trillard répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous venez de créer l’événement en menaçant de bloquer l’ouverture du CHU de Nantes après son transfert. Tout cela est lié au médiatique dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : que se passe-t-il ?
André Trillard : Il est temps de se montrer courageux et républicain. On ne peut pas asséner des valeurs républicaines du matin au soir si l’on ne se les applique pas à soi-même ! La décision de construire un nouvel aéroport remonte à des années anciennes : dès l’époque de la guerre 39-45, on disait que l’aéroport de Château Bougon était déjà condamné par son emplacement. Des recherches ont été menées et tout cela a abouti à des procédures réglementaires qui ont été appliquées et à un grand débat public. J’étais président du Conseil général à l’époque, c’était en 2003, il y a donc 12 ans. Ensuite, en 2008, la concession a été attribuée à Vinci, avec un lot unique comprenant la gestion de l’aéroport Nantes Atlantique, la gestion de l’aéroport de Montoir, qui est un élément essentiel de la vie industrielle de l’arrondissement de Saint-Nazaire avec les Belugas, la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et sa gestion pendant 55 ans. Le marché est donc enclenché depuis 6 ans. On invente de nouvelles procédures, on ouvre des contentieux sur des obligations légales postérieures à la date de l’autorisation d’ouverture, ce qui n’existe pas. On peut toujours demander à un opérateur de se mettre aux normes actuelles, mais il ne s’agit pas d’ouvrir des procédures visant à annuler des marchés déjà attribués, ou les retarder pour des raisons de basse politique… En attendant, les populations souffrent... Nous avons une route qui est fermée pour des raisons d’insécurité, à une époque il y avait même un racket sous la forme d’un péage... On a vu cela en Afrique, on a aussi vu cela en Bosnie ou en Ukraine… La gendarmerie a été créée au XIXème siècle pour empêcher les brigands des routes, mais à Notre-Dame-des-Landes on est dans une situation en dehors du droit et, pendant ce temps, on se permet, à Nantes, de concevoir un CHU. Or, tout le monde sait que le futur CHU se trouve dans la zone de bruit et dans l’axe des pistes de l’aéroport de Nantes Atlantique. Je dis qu’il faut maintenant que la loi s’applique aux uns et aux autres, et qu’il faut arrêter les imbécillités. Il est normal, sur tout projet, de trouver des gens pour et d’autres contre. Il est normal aussi que l’État fasse des procédures, mais elles doivent être respectées.
Donc, pour vous, il n’est pas question de transférer le CHU de Nantes tant que l’aéroport actuel restera en place…
J’ai des cartes, puisque j’ai assisté en 2008 à une réunion présidée par l’ancien préfet de région Bernard Boucault : on nous avait donné les plans des zones de bruit. Les plans de zone de bruit s’appliquaient avec une projection de 3,5 millions de passagers à Nantes Atlantique. Nous en sommes à 4,1 millions ! Donc, j’affirme que le CHU est dans la zone de bruit et j’affirme qu’il y a 50 000 habitants dont les logements doivent être insonorisés aux frais de l’État si l’on continue Nantes Atlantique… Ce sont des petites choses que tout le monde fait semblant d’oublier, parce que cela permet d’entretenir le débat. Le débat a eu lieu et il y a aujourd’hui une décision à prendre. L’aéroport est engagé et, si l’on n’y va pas, comment se dépêtrer du dossier Vinci ? Comme cerise sur le gâteau, on a eu la fameuse commission du dialogue créé par Monsieur Jean-Marc Ayrault… Cette commission du dialogue ne souhaitait pas rencontrer de gens de droite, mais que des gens de gauche. J’ai quand même demandé à être reçu et je l’ai été. Je me suis adressé au président en lui demandant quelle était sa légitimité et il m’a répondu droit dans les yeux : « Je n’en ai aucune ! »
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