Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

La volatilité de l’Eurodollar ébranle les marchés

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Montera-t-elle ses taux ou ne les montera-t-elle pas ? Voilà une question qui pèse de tout son poids sur l’évolution de la parité monétaire Eur/Usd (que j’appelle habituellement Eurodollar même si ce n’est peut-être pas le terme exact, il permet de s’entendre sur la même chose). Bien entendu, les marchés actions représentés par les indices majeurs ne sont pas insensibles à son évolution, loin s’en faut. Quand on est américain et qu’on possède une action française en portefeuille, on la regarde et on évalue sa valeur en dollars. Plus le billet vert est haut face à l’euro, plus la valeur de cette action baisse aux yeux de notre américain, et cela à cours constant en euros. Ainsi, les fonds de pension par exemple ont tendance à acheter des actions européennes lorsque l’eurodollar baisse car elles leur apparaissent bon marché.

L’inverse est bien évidemment vrai. Voilà l’une des raisons pour lesquelles j’ai toujours indiqué dans mes analyses que la hausse du premier semestre 2015 me paraissait totalement artificielle. Elle l’était d’autant plus qu’elle a bénéficié d’un environnement monétaire incroyablement exceptionnel avec la hausse concomitante du dollar, la baisse des taux longs (quasiment à zéro pour-cent) et le lancement du plan « QE » de la BCE (alignement des astres). Ce mercredi, la Réserve Fédérale Américaine, en mettant en avant la solidité de la croissance US a délivré un message en faveur de la hausse des taux d’ici la fin de l’année. Curieusement, au lieu de remonter face à la monnaie unique, le dollar est reparti à la baisse sur les marchés des devises et le Forex. En tout état de cause, les indices européens qui tentaient jusque-là de rebondir sur leurs supports majeurs respectifs ont aussitôt rebroussé chemin sous la pression vendeuse des anglo-saxons.

Il faut y voir là les effets néfastes du « Grexit » qui se rapproche à grands pas alors que l’impasse est totale dans les négociations entre le gouvernement grec et la troïka FMI-BCE-Bruxelles. Cela fait longtemps que je vous disais que la Grèce n’avait d’autre solution que celle de sortir de la zone euro et que les marchés ne tenaient absolument pas compte de cette éventualité à laquelle ils attribuaient à tort très peu de probabilités. Cet événement aura incontestablement des effets déstabilisateurs à tous les niveaux et à commencer par les marchés financiers qui ne l’envisageaient pas. Le premier effet domino concerne les banques grecques qui n’auraient plus de liquidités du jour au lendemain car la BCE arrêterait immédiatement ses prêts d’urgence du moment que les garanties apportées sous forme d’emprunts de l’État grec ne seraient plus acceptées.

Sur le plan technique, l’indice Cac 40 a cassé son support de 4.800 points qui a fini par céder après de vaines tentatives de sauvetage par les intervenants locaux, décidément débordés. Le risque à présent serait de voir nos banksters lâcher prise et devenir vendeurs eux-aussi. La prochaine zone de soutien se trouve vers 4.600 points qui correspond à l’ancienne zone de résistance majeure à long terme de 2014. Ce n’est que là que les choses sérieuses commenceraient réellement.

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