Belvédère : le choc des magouilleurs.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. La semaine prochaine (numéro 800) : “La faillite de la Grèce, une chance?”. Bonne lecture !!!
Comment va Belvédère ? Pourquoi ai-je changé d’opinion, par lassitude ? Le titre Belvédère, au cours des derniers mois, a connu une « recovery », assez spectaculaire, puisque l’arrivée d’un actionnaire important, Diana Holding, à partir de mi-août 2014, a amené à la fois un flux important d’achats sur le marché, et, de surcroît, l’espérance d’une transformation rapide, par l’action d’un actionnaire industriel du secteur des vins et spiritueux, désireux de se diversifier, et d’épauler l’entreprise, à peine convalescente. Je ne vais pas refaire l’histoire, et vous rappeler les nombreuses mésaventures de Belvédère, sous la pression de Oaktree Capital, principal créancier, par achat avec décote, et devenu le principal actionnaire, avant sa cession massive, qui précéda l’assemblée générale de nomination du nouveau conseil d’administration, Oaktree n’avait plus un seul titre, mais a voté, lors de cette assemblée générale, à hauteur d’environ 9 % du capital, représentant presque un tiers des voix qui se sont exprimées dans la salle, une honte, n’ayant plus un seul titre. Les administrateurs actuels sont présumés être indépendants, mais ils racontent des mensonges, dans un communiqué récent, ils ont prétendu avoir été élus par 98 % des actionnaires… oublieux de rappeler que le quorum avait été fait par la présence du fantôme Oaktree, l’assemblée générale est donc amorale, même si, paraît-il, elle s’est tenue légalement (sic, selon les propos de Benoît Hérault, interview de jeudi dernier). Les actionnaires petits porteurs ne sont pas venus, n’ont pas été représentés, du coup, il y a eu magouilles entérinées… et ils se sont crus les rois du pétrole, capables de tout faire pour se remplir les poches (les jetons de présence sont coquets), et, au nom de la « normalisation » de l’entreprise, on en a connu des vertes et des pas mûres.
Surprise pour Oaktree : Rita Zniber était dans la salle.
Départ du cofondateur Trylinski, arrivée d’un nouveau président venu du bankster Goldman Sachs, un directeur général venu du secteur laitier… Tout était en place en septembre 2014, mais, surprise, Mme Rita Zniber était dans la salle, en tant que première actionnaire, avec 13 % du capital. Du coup, elle est entrée avec une autre personne du groupe au conseil d’administration, où elle s’est retrouvée très minoritaire, n’a pas participé à l’élaboration du plan stratégique de développement, et s’est contentée, officiellement du moins, de l’approuver. Le plan de développement a été présenté quelques semaines plus tard, alors qu’il aurait été tout à fait juste et légitime qu’il soit exposé à l’assemblée générale des actionnaires. Dans cette assemblée générale, les actionnaires individuels, que je représentais assez massivement, ont été encore limités dans leur expression en droits de vote, suite à une décision inique et contestée en justice, mais la justice est lente, prise en février 2013 (pour deux ans). Bref, les magouilles étaient de sortie, comme d’habitude, comme du temps de William Abitbol, qui était, ne l’oublions pas, le mandataire de justice en charge du plan de redressement et de sortie de redressement judiciaire de la société Belvédère. Au cours des dernières semaines, après la publication de résultats 2014 particulièrement décevants (la marge opérationnelle EBITDA est tombée d’un peu plus de 10 millions d’euros en 2013 à peine plus de 5 millions d’euros en 2014 alors que la tendance naturelle, à mi-2014, était d’une marge comprise entre 17 et 20 millions d’euros), le chiffre d’affaires s’est effondré, et on a l’impression que l’entreprise n’est pas gouvernée. Après l’assemblée générale de septembre 2014 où il ne faut pas répondu à mes questions, qui ont pourtant été réitérées par envoi en lettre recommandée avec avis de réception à la direction générale et à la présidence, courriers expédiés fin septembre et relance en octobre 2014, au siège social de Beaucaire, mystère, mystère…, j’ai enfin eu un entretien avec le directeur général M. Jean-Noël Reynaud, accompagné du président du conseil d’administration, Benoît Hérault, un ancien du bankster Goldman Sachs (cela ne s’invente pas), le jeudi 11 juin 2015.
Beaucoup de questions sans réponse.
Beaucoup de questions que j’ai posées ont été sans réponse. J’ai demandé notamment quel a été le coût du « plan stratégique », afin d’avoir une explication sur la baisse de la rentabilité opérationnelle, et du caractère exceptionnel des dépenses qui ont été effectuées. Il m’a été répondu que ce chiffre n’était pas dévoilé… ce qui est quand même assez fort. On m’a dit qu’il y avait des charges, notamment d’avocats des créanciers (Oaktree…), qui avaient été dépensés dans les comptes de 2014, au titre de la sortie du redressement judiciaire, qui étaient à la charge de l’entreprise et qui n’avaient pas été comptabilisés en 2013. Ah bon ? C’est nouveau, cela vient de sortir… Ce n’était pas dans le communiqué, il est assez surprenant que l’on ait ce genre de réponse… où on nous raconte en substance « ce n’est pas moi, c’est l’autre ». J’ai déjà rencontré ce genre de réponse en politique, mais la théorie du bilan, catastrophique, c’est quand même difficile à avaler, dans une entreprise qui a restructuré sa dette, et qui normalement, a passé ses comptes à la paille de fer à cette occasion, vous vous souvenez des abaissements de survaleur considérables qui ont affecté les comptes de 2011, de 2012 et de 2013 chez Belvédère. J’ai également interrogé le directeur général sur le coût du règlement amiable avec les anciens dirigeants de la filiale américaine, qui est, selon mes sources, de l’ordre de 3 millions de dollars. La réponse a été laconique « je ne réponds pas à cette question, c’est le secret des affaires ». Le directeur général a poursuivi : « il n’y a pas de litiges en cours ». Effectivement, s’il y avait un litige qui a été soldé par une transaction… au détriment de la richesse de l’entreprise, il n’y a plus de transaction, ceci dit, pour une meilleure compréhension des comptes de 2014, il aurait été très utile de détailler tout ce qui est à caractère exceptionnel… Le moins qu’il soit possible de dire, c’est que la transparence n’est pas au rendez-vous.
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.