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Cybersécurité : un éditeur français innovant arrive en bourse
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean-Noël de Galzain, cofondateur et président de Wallix : « Les menaces ont changé et la plupart des systèmes qui sont déployés ne tiennent pas forcément compte des nouveaux risques qui accompagnent le déploiement du numérique. »
L’éditeur français de solutions de cybersécurité Wallix est entré en bourse cette semaine. Spécialiste de gestion des accès et de gestion des comptes à privilèges, Wallix indique que l’argent levé servira à renforcer les équipes commerciales, marketing et support, tout en poursuivant l’effort produits et R&D. Lors d’une conférence de presse, Jean-Noël de Galzain et Amaury Rosset, cofondateurs de Wallix, ont précisé leur stratégie pour devenir «un champion européen» de la sécurité informatique : «Nous sommes un peu une locomotive dans ce domaine. La France est bien placée dans ce secteur en raison de ses expertises dans les mathématiques, la cryptographie et le cyber». Assis sur le segment Privileged Session Management (PSM, solutions de traçabilité des comptes à privilèges), l’éditeur compte étendre ses activités vers la dimension Privileged Account Management (PAM, coffres forts à mot de passe). Cette évolution de positionnement permettra à Wallix de monter en gamme pour concurrencer le modèle de CyberArk Software, qui a levé 85,8 millions de dollars avec son IPO au Nasdaq en septembre 2014 et dont la valorisation dépasse à présent les 2 milliards de dollars. Le marché PAM est évalué par Wallix à un milliard de dollars à l’horizon 2018. Pour 2014, la société affiche un chiffre d’affaires de 3,9 millions d’euros (contre 2 millions en 2012), dont un tiers est réalisé à l’international. L’éditeur redresse progressivement la barre : il affiche une perte opérationnelle de 322 000 euros (moins 1,2 million d’euros il y a trois ans) et une perte nette de 321 000 euros (contre plus d’un million en 2012). Le déficit devrait se creuser en 2016, mais un retour à l’équilibre à l’échéance 2017 est annoncé.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes un éditeur de logiciels dans le domaine de la sécurité qui est sur un créneau très particulier. Vous n’êtes pas un éditeur antivirus, mais votre technologie permet de sécuriser les comptes administrateurs d’une entreprise, car c’est là que les risques sont les plus importants. Finalement, la technologie de Wallix est-elle en quelque sorte celle d’un vigile qui se placerait sur la porte centrale ?
Jean-Noël de Galzain : C’est exactement cela. Nous sommes spécialisés dans la gouvernance des comptes à privilèges, qui sont vraiment les portes centrales, avec les droits sur les systèmes d’information.
N’est-ce pas une évidence puisque les éditeurs antivirus traitent également ce sujet ?
Les éditeurs antivirus vont protéger un poste contre les virus, c’est-à-dire contre les corps étrangers qui voudraient venir se loger au cœur des machines. C’est un sujet différent, car nous nous inscrivons dans une problématique que l’on appelle la menace interne. Tout simplement, avec le développement des usages du numérique, on se rend bien compte qu’il y a une anomalie dans le fait que malgré les antivirus et les pare-feu, les attaques sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus puissantes, avec des dégâts plus importants. C’est lié au fait que les menaces ont changé et la plupart des systèmes qui sont déployés ne tiennent pas forcément compte des nouveaux risques qui accompagnent le déploiement du numérique. De manière générale, la séparation des rôles entre ceux qui gèrent les contenus, ceux qui en sont responsables, ceux qui gèrent les systèmes, et ceux qui ne sont que des prestataires, n’a jamais été prise en compte. Nous apportons aux entreprises cette capacité à séparer les rôles dans le monde du numérique. Nous avons une offre logicielle qui va s’adapter aux systèmes d’information et nous avons une offre, une technologie de portail, qui va permettre de s’adapter au monde numérique naissant, notamment les objets connectés et le Cloud.