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La BCE, arbitre ou acteur des marchés ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
La réunion de la BCE de ce mercredi a été suivie attentivement par les opérateurs de marché, cherchant à déceler des raisons d’acheter pour certains, de vendre pour d’autres. Juste avant, ils étaient particulièrement inquiets alors que dans le même temps, ils attendaient les propositions hellènes et celles de la Troïka (FMI, BCE, UE) concernant le dossier grec. Pipeau de chez pipeau, car aussitôt après les indices repartaient à la hausse pour lâcher ensuite la majorité du terrain gagné. Comme d’habitude, les banksters tirent rapidement les indices vers le haut pour distiller discrètement du papier au cours le plus haut possible.
Pour résumer, super Mario (Draghi, le patron de la BCE) a admis que la croissance « molissait », que l’inflation « revenait » et qu’il surveillait attentivement les niveaux des taux obligataires qui avaient tendance à s’emballer. Ce discours confirme ce que je pense : La BCE cherche à contrôler les marchés boursiers à travers les marchés obligataires auxquels ils sont fortement corrélés ! Non seulement, là n’est pas son rôle, mais c’est tout profondément malsain et très dangereux car on entre là dans le domaine de la manipulation des cours (au sens physique) à l’échelle industrielle. Ainsi, de plus en plus d’investisseurs et d’intervenants pensent que la BCE ne laisserait jamais plonger les marchés boursiers car elle interviendrait bien en amont en baissant les taux à court terme et en monétisant la dette publique et privée (« QE ») dans des proportions suffisantes.
C’est d’ailleurs ce qu’elle fait depuis 2007 et les marchés ne doivent une grande partie de leur hausse qu’à cela ! Bien sûr cette façon paranoïaque de voire les choses amène une question centrale : Jusqu’où cela pourrait continuer ? La réponse se trouve dans les limites du système. Primo, les taux directeurs qui sont déjà à 0,05 % depuis septembre et ne recèlent plus de marge de manœuvre. Secundo, une enveloppe de 1.100 milliards d’euros est déjà allouée d’ici fin septembre pour les rachats de la BCE sur les marchés. Tertio, il va falloir encore mettre la main à la poche pour renflouer la Grèce et les banques grecques en état de faillite. Or, la BCE est financée et garantie par les États nations qui d’une manière ou d’une autre devront tôt ou tard y apporter des cacahuètes qu’ils doivent emprunter sur les marchés puisqu’ils n’ont plus d’argent dans les caisses. Cela finira à coup sûr par une crise de confiance terrible en cas d’accident financier majeur. La preuve que la BCE ne devrait intervenir qu’en cas de coup dur pour stopper une hémorragie potentielle et non pas en permanence comme elle le fait depuis 2007 !
Sur le plan technique, on se contentera de constater que l’indice Cac 40 est sorti par le bas de son canal de tendance haussier à moyen terme qui avait pris naissance en décembre 2014 justement après l’annonce du fameux « QE ». Cette sortie traduit vraisemblablement la fin des effets mécaniques des achats d’actifs par la BCE dans le cadre de ce plan. Pour le moment, les cours ne font que consolider dans une large figure en triangle fermant avec une pointe située autour de 5.050 points. La zone de support la plus dangereuse est à 4.850 points car en cas de cassure, un signal d’accélération de la correction serait déclenché. Le niveau de soutien suivant est à 4.600 points.
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