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500 000 euros pour développer la location de bateaux entre particuliers
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Guillaume de Corbiac, fondateur de Boaterfly : « Il y a toute une génération d’anciens acquéreurs qui n’a pas été renouvelée et qui va sans doute revenir avec la possibilité de louer son bateau. »
Est-il possible, grâce à l’Internet, de développer un marché actuellement réservé à quelques initiés ? C’est sans doute le cas pour la location de bateaux. Il s’agit d’un secteur plutôt confidentiel, car le grand public, lorsqu’il n’a pas l’habitude de naviguer, ne dispose ni des connaissances nécessaires, ni des moyens de louer un bateau en vacances. La situation pourrait évoluer avec le site Boaterfly, qui entend développer la location de bateaux sur le même concept que celui ducovoiturage. En effet, sur le modèle d’Airbnb et dans la lignée des sites de location ou de partage de voitures comme Drivy ou BlaBlaCar, Boaterfly propose la location de bateaux entre particuliers.
Lancée fin 2013 avec 50 bateaux, la jeune pousse a connu un bond de 450 à 700 bateaux au début 2015 et une hausse de 200% de ses réservations. Boaterfly permet aux propriétaires de louer leur bateau avec ou sans skipper, d’amortir leurs sorties en co-navigation et de rentabiliser leur bateau en proposant des nuits à quai comme alternative à l’hôtel. Les voyageurs bénéficient d’un contact privilégié avec leur hôte, d’une expérience nautique unique et de prix jusqu’à 50% moins chers. Soutenue par de nombreux partenaires, dont la Fédération des Industries Nautiques, l’entreprise propose également une solution d’assurance à la journée, conçue sur mesure avec Allianz. La société Boaterfly vient de lever 500 000 euros pour développer sa notoriété et ses offres. Son fondateur, Guillaume de Corbiac, répond à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : On dit souvent que les deux plus beaux jours de la vie du propriétaire d’un bateau sont celui où il l’achète et celui où il le vend… Boaterfly constitue-t-il une réponse à cette problématique ?
Guillaume de Corbiac : Je connais cette formule, mais on peut dire aussi que lorsqu’un propriétaire de bateau vend son bateau, il vend une partie de lui-même parce que c’est très impliquant... Effectivement, cela coûte tellement cher que certains préfèrent le vendre plutôt que de traîner un boulet financier. La formule est assez juste. Or, le fait d’intégrer dans l’achat d’un bateau la possibilité de le rentabiliser, c’est-à-dire de le louer pour amortir les frais, permet d’atténuer cette formule. Oui, Boaterfly est une réponse à cela. Les gens peuvent continuer à acheter des bateaux, cela reste un achat passion qui procure de très bons moments et cela permet aussi d’inciter les navigants et les voyageurs à accompagner les propriétaires. Il y a des gens qui n’ont peut-être pas les moyens d’acheter un bateau, mais qui vont quand même pouvoir naviguer.
Si vous avez une belle voiture, vous pouvez être inquiet en la louant, toutefois la probabilité d’un accident reste faible. Alors que personne ne fait chaque jour du bateau… Comment surmonter cette inquiétude pour le loueur ?