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Axa : un assureur face au choc obligataire à venir.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. La semaine prochaine (numéro 795) : “Successions : s’organiser est rentable”. Bonne lecture !!!
Le groupe Axa, et c’est assez rare pour le souligner, soigne ses actionnaires individuels. Outre l’assemblée générale annuelle, traditionnelle, il organise des déplacements en province, des visites, le 1er juin visite du palais Brongniart, le 3 juin à Rouen, le 4 juin à Bruxelles, le 9 à Montpellier, le 16 ce sera à Reims… et, à la fin du mois, le groupe organise, le 23 juin, une visite privée du Louvre, pour ses actionnaires individuels. Il faut savoir que le groupe Axa est aujourd’hui opéable, son capital est dispersé. Depuis le débouclement des liens entre BNP Paribas et Axa, il y a quelques années de cela, la banque n’a plus une seule action dans le groupe d’assurances, s’étant installée dans la concurrence frontale, à travers ses différentes filiales assurances, et Axa, avec Axa Banque, se mettant à proposer des comptes bancaires ordinaires.
Du coup, les Mutuelles Axa sont, avec 14,03 % du capital, le premier actionnaire, et, d’année en année, au fur et à mesure des augmentations de capital réservées, les salariés, dans leur ensemble, sont montés à environ 7 %. Le fonds américain BlackRock détient un peu plus de 5 %, officiellement, et d’autres assureurs, dans leur système de placements, détiennent des pourcentages modestes. Avoir un actionnariat individuel fort est donc stratégique pour Henri de Castries, PDG, qui vient d’être renouvelé dans son mandat.
Un titre qui apporte plus de rendement que les placements commercialisés.
Ce qui est amusant, avec l’action Axa, c’est que le rendement qui est payé, avec un dividende de 0,95 euro (déboursé le 11 mai dernier), représente une rémunération très largement supérieure à 98 % des placements de ce spécialiste des placements qui gère environ 1.000 milliards d’euros d’épargne. La gestion d’actifs, c’est un métier pour tous les assureurs, qui gèrent l’argent de leurs réserves, l’argent des contrats d’assurance vie, d’assurance retraite, de prévoyance et de santé. C’est aussi un métier qui est assuré auprès de tiers, Axa récupère de l’épargne mondiale, à hauteur d’environ 400 milliards d’euros sur les 1.036 milliards d’actifs gérés à fin 2014. Le groupe Axa est devenu le numéro un en Europe, avec un tropisme très particulier sur la France, qui représente plus du quart du chiffre d’affaires. La Suisse et l’Allemagne représentent un autre quart, si on les réunit, le reste est assez bien dispersé, dont un cinquième de l’activité est réalisé aux Etats-Unis. Le groupe Axa est géré avec prudence, depuis plusieurs années désormais, avec comme tropisme de ne pas prendre de risque démesuré. Du coup, l’activité bancaire, qui est essentiellement assurée en France, en Belgique et en Allemagne, est réservée à la clientèle des agents généraux, et des particuliers qui cherchent à avoir un deuxième compte bancaire, une sorte de compte d’épargne. Le groupe Axa a publié d’excellents comptes pour l’exercice 2014, et, visiblement, se trouve bien avancé dans son exercice 2015. L’objectif, dans l’assurance, ce n’est pas de faire du chiffre d’affaires à tout prix.
Priorité aux résultats, pas à la croissance.