Big Brother est parmi nous
LITTÉRATURE
Le livre de Daniel Depris est vraiment d’actualité avec le vote de la loi sur le renseignement, puisqu’il s’intitule «Big Brother est parmi nous ». Selon l’auteur, «voici environ un siècle, un concept de gouvernance a pris naissance dans l’esprit machiavélique d’un Rockefeller et d’une voyoucratie de parvenus issue, en majeure partie, du lobby pétrolier américain. Un concept qui a ensuite été mis en place, progressivement, insidieusement, par des cénacles occultes tels le groupe des Bilderberg et la Commission Trilatérale (tous deux fondés par le clan Rockefeller). Un système qui se fonde à la fois sur le noyautage des institutions démocratiques par des agents des lobbies militaro-industriels et financiers et sur l’utilisation des nouvelles technologies en vue d’une déshumanisation progressive mais bien orchestrée des processus administratifs, politiques et militaires». Ce que Daniel Depris nomme la Big Brother Gouvernance en référence au roman de George Orwell «1984» est déjà à l’oeuvre, à l’insu du grand public et de ses élus. Daniel Depris est président du Comité Européen pour la Protection de l’Habitat, de l’Environnement et de la Santé (CEPHES). Passionné d’histoire, il fut membre des Congrès nationaux d’Histoire et d’Archéologie.
Par ailleurs, il a connu la vie politique avant de mener une carrière d’expert dans le domaine des nuisances physiques de l’environnement et de la politique énergétique : «J’ai un parcours assez polyvalent, qui va de la politique aux expertises de haut niveau, et c’est ce qui m’a permis d’avoir une vision du problème beaucoup plus générale que celle que l’on peut avoir habituellement. Pour moi, ce que j’appelle la Big Brother Gouvernance, ce n’est pas seulement un problème de surveillance et de caméras, comme on le croit bien souvent, mais c’est beaucoup plus complexe. La gouvernance s’est mondialisée et elle implique toute une série de technologies.» Daniel Depris travaille depuis dix ans sur ce sujet et il n’hésite pas à dénoncer des « cénacles occultes » comme le groupe des Bilderberg ou la Commission trilatérale : « Il faut avoir une vision historique du problème car ce genre de gouvernance, qui tient de la dictature, n’est pas quelque chose de neuf, puisque c’est inhérent à la société humaine. Mais les technologies permettent aux autorités d’effectuer plus facilement un contrôle général et systématique des populations.»
Le livre démontre comment les autorités ont travaillé sur une acceptation progressive de ces technologies par la population, comme une douleur qui augmente régulièrement : «On joue sur le côté mode et gadget. La téléphonie mobile est très incursive, on peut suivre les gens à la trace, et tout cela a été présenté comme un gadget pratique. C’est vrai, c’est pratique, mais ce n’est pas que pratique. Les jeunes générations sont tombées dans le panneau parce que c’est devenu une mode : celui qui n’a pas de téléphone portable est un ringard, celui qui n’a pas de compte Facebook est un ringard… Je suis expert international, je travaille sur des gros dossiers d’expertise sur les lignes à haute tension et je n’ai pas de connexion Internet. Je m’en porte très bien ! »
L’ouvrage de Daniel Depris permet aussi d’en savoir plus sur les grandes organisations internationales qui dictent la conduite des politiques : «A l’heure actuelle, ce que j’appelle la Big Brother gouvernance, par allusion au roman de George Orwell, permet de retrouver au sommet les 2000 familles les plus riches du monde. Les milliardaires détiennent les moyens financiers qui permettent de manipuler le pouvoir politique pratiquement partout dans le monde, notamment par la corruption ou le noyautage des institutions, et, en dessous de ces 2000 familles, il y a deux ou trois grandes organisations occultes. Ces familles ont besoin d’intermédiaires qui vont organiser le système politique afin qu’elles puissent conserver le pouvoir financier. On peut aussi parler de la franc-maçonnerie qui fait aussi partie du circuit. Les plus efficaces et les plus actifs de ces individus, on ne les connaît pas, ou très peu… Au niveau politique, ceux que l’on connaît, comme les députés ou les sénateurs, par les temps qui courent, ce sont des potiches, ce sont des gens qui n’ont pas de pouvoir effectif».
Finalement, le rôle des politiques ne relève que d’un jeu de cirque pour l’auteur : «C’est un jeu de dupes, il y a encore quelques cénacles qui espèrent pouvoir modifier les choses, mais en réalité ils se heurtent à de véritables murs ! Quand on sait qui est le président de la Commission de Bruxelles aujourd’hui, on a tout compris… Tout est verrouillé. Dans mon livre, j’évoque l’axe des trois petits rois puisque le cœur de la gouvernance occulte en Europe c’est essentiellement l’axe qui va de La Haye à Luxembourg, en passant par Bruxelles. C’est là que vous avez la concentration de tous les organismes qui représentent les intérêts des grandes familles».
La grande nouveauté, depuis «1984» de George Orwell, c’est l’utilisation des nouvelles technologies pour ficher toute la planète. Pour quelles raisons ? Daniel Depris répond : «De nous, on ne veut faire que des consommateurs. D’ailleurs, il y a un problème démographique que personne ne veut régler, on laisse aller la démographie à vau-l’eau, alors que c’est un problème essentiel sur la planète. On va vers un système où l’on aura des populations jetables. Les populations jetables, ce sont celles qui n’intéressent personne, celles qui ne consomment pas… Il y aura d’une part les gens bien dociles qui accepteront plus ou moins de consommer, donc de générer du profit, et les autres qui n’intéresseront personne…»
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