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La pompe s’est inversée
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Cette semaine a été particulièrement chargée en événements techniques de très grande importance marquant un changement radical dans l’équilibre de la sphère financière. Cela a commencé avec le virage à la verticale de la tendance sur les taux d’intérêt à long terme (10 ans) sur l’ensemble des pays de la zone euro. L’une des conséquences immédiates a été le volte-face de l’eurodollar qui a allègrement débordé sa résistance majeure de 1,10 et semble se diriger à vive allure sur les 1,15 voire les 1,20.
Les indices boursiers ont réagi également en cédant pas mal de terrain et surtout en cassant des supports intermédiaires importants, annonçant un probable changement de tendance sur plusieurs mois. Pour bien comprendre ce qu’il se passe actuellement, il faut d’abords revisionner le film mis en scène par les banques centrales au cours de ces dernières années. Baisse des taux dirigés au taquet (zéro ou presque), plans de rachats de la dette souveraine et de crédits hypothécaires privés (« QE »), prêts aux banques privées en délicatesse avec leurs trésoreries mises à mal par la double crise « sub-primes » puis celle de la dette grecque.
Bref, tout ce mic-mac a abouti, volontairement ou non, à un écrasement spectaculaire et très étonnant des taux auxquels les États s’endettent dont le produit phare l’OAT 10 ans. En conséquence de quoi, les investisseurs se ruèrent sur les actions à la recherche de rendements devenus subitement mécaniquement bien plus élevés que les coupons obligataires qui ont fondu jusqu’à disparaître. Après une forte hausse des valeurs à « rendement », la flambée s’est généralisée au reste de la côte jusqu’à toucher les valeurs les plus spéculatives. Or, cette semaine, les rendements obligataires recommencent à apparaître et la logique de ruée vers les actions s’en trouve donc inversée. Le danger à présent serait que les investisseurs obligataires se mettraient à vendre de la dette souveraine tous en même temps.
Tant que les taux étaient orientés à la baisse, cela faisait apparaître une plus-value latente toujours plus élevée dans leurs portefeuilles obligataires. Si la tendance actuelle qui a vu les taux passer de 0,33 % à 0,83 % en deux semaines se prolongeait, on retrouverait très rapidement la fourchette normale qui devrait se situer entre 2 et 2,5 % de rendement. Mais cela provoquerait à coup sûr une désertion des actions en faveur des obligations (normalisation des marchés) et ferait apparaître des trous d’air à la baisse sur leurs cours. Le plus dangereux serait de voir les taux remonter beaucoup plus haut encore si la confiance des investisseurs étrangers s’en trouvait affectée. Le système bancaire en souffrirait beaucoup alors que les ratios « Bâle III » sont encore très loin d’être atteints par des banques qui continuent à distribuer allègrement du dividende au lieu de renforcer leurs capital.
Du point de vue technique, l’indice Cac 40 vient de casser à la baisse sa zone de consolidation horizon,tale située entre 5.285 et 4.985 points et déclenche ainsi un signal de retournement baissier en direction des 4.600 points où se situe la prochaine zone de support la plus connue. Il s’agit de l’ancienne ligne de résistance horizontale majeure dont lé débordement en janvier avait abouti sur la forte hausse jusqu’à 5.285 points.
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