Croissance : panacée universelle ou rêve irréaliste ?

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. La semaine prochaine (numéro 794) : “Elior, Elis, Sodexo : le match des services”. Bonne lecture !!!

Cela fait plusieurs mois, voire plusieurs trimestres, que, tel M. Coué, l’actuel locataire de l’Elysée, M. François Hollande, nous dit que « la reprise est là ». Le socialisme, c’est aussi « se payer de mots ». C’est surtout un matraquage fiscal sans précédent, et un refus de constater que, dans notre pauvre pays, lorsque 57 % du PIB sont constitués par la dépense publique, il y a une marge de manœuvre étroite pour ce qui concerne l’activité privée, qu’il s’agisse des services, de l’industrie ou d’autres types d’activités. Du coup, quelle est la réelle marge de croissance pour l’économie en général, pour l’économie française en particulier, la question qui se pose est tout à fait cruciale puisque, dans notre imaginaire récent, nous n’avons connu que des périodes de croissance, entrecoupées de courtes et peu profondes récessions. Dans une longue série d’articles sur l’économie, pour vous aider à comprendre les mécanismes de l’économie, qui a été publiée, de semaines en semaines, il y a quelques mois de cela, je vous avais expliqué que les cycles économiques, souvent, étaient également heurtés par les cycles des grands problèmes agricoles (dans le passé ancien), ou par les cycles militaires, comme les invasions, les destructions, et la période de reconstruction qui s’ensuivait.

Même si le monde est loin d’être pacifié, depuis 1945, en France, nous vivons une période de longue paix européenne, qui dure désormais depuis 70 ans tout juste. Les destructions énormes causées par la Première Guerre mondiale (sur une quinzaine de départements français envahis), ou lors de la Seconde Guerre mondiale (en Normandie ou dans le Nord-Est de la France surtout), les nécessaires périodes de reconstruction… C’est oublié, notre pays n’a pas une destruction périodique de son capital, de ses établissements, un gaspillage de ses ressources pour fabriquer des engins explosifs, et de ses ressources humaines, avec les morts dans les tranchées ou dans les différents systèmes de combat militaire. 


Du “vent dans les voiles”? Non : c’est juste une petite brise externe.

On nous dit aujourd’hui qu’il y a « du vent dans les voiles », avec des taux d’intérêt ultra-bas, un pétrole à cours modéré, et un euro moins cher, ce qui rend davantage compétitives les fabrications sur les pays de la zone euro, nos principaux partenaires économiques. Bien sûr, c’est vrai, mais il ne s’agit là que d’un « mieux passager ». En effet, la France est malade de son hypertrophie administrative, de sa paperasse, de l’impossibilité de prendre une décision rapide, au risque de l’échec, et d’une mentalité qui pousse à la fonction publique et non pas à l’initiative individuelle. Notre système d’enseignement forme des psychologues, mais, dans le pays réel, on manque de plombiers, de boulangers, de chefs cuisinier… Notre ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius veut qu’il y ait très rapidement plus de 100 millions de touristes étrangers qui visitent la France chaque année, et cela est possible, mais, dans le même temps, nos jeunes ne sont pas sélectionnés sur l’apprentissage des langues étrangères, et, pour trouver un serveur parlant bien l’anglais, à Verneuil-sur-Avre ou dans d’autres petites villes de province, c’est quasiment dans le domaine de l’impossibilité, et les pauvres touristes de passage, s’ils ne parlent pas la langue de Victor Hugo, ont du mal à se faire expliquer la carte et le menu.

Même si la France ne pèse plus que 0,8 % de la population mondiale alors que, il y a 100 ans, nous étions à plus de 3,5 % de la même population mondiale, même si la France a perdu son empire colonial, même si la France a un complexe d’infériorité sur sa voisine l’Allemagne… nous avons des atouts, et nous avons une jeunesse qui pourrait, si elle était formée, transformer le pays, le remettre sur les pieds d’une croissance importante et durable. Nous avons des jeunes qui entreprennent, qui créent des affaires au succès mondial, et qui réussissent, tout simplement parce qu’ils ont décidé de s’y mettre, et qu’ils ont décidé de réussir. C’est encourageant ! Il y a 30 ans, à peine 1 million de Français vivaient à l’étranger. Aujourd’hui, même si les statistiques du ministère des Affaires étrangères sont totalement sous-estimées, car il n’y a aucun avantage ni aucune obligation à s’inscrire dans les consulats, on peut estimer que la population française établie hors de France est à un record compris entre 4 et 5 millions de personnes. Sans les Français, la ville de Londres ne vivrait pas, il y a plus de 400.000 Français, souvent des jeunes, qui vivent à Londres, et ils sont presque 800.000 sur l’ensemble du Royaume-Uni. 350.000 Français traversent une frontière chaque jour pour aller travailler (on les appelle les frontaliers), c’est deux fois plus qu’il y a une quinzaine d’années.

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.