La recette du groupe de services informatiques pour une croissance soutenue

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Vincent Rouaix, PDG de GFI Informatique :  « Nous voulons maintenant accélérer notre plan stratégique en proposant plus de solutions, c’est-à-dire augmenter notre offre de produits, tout en repartant sur une stratégie internationale. »

Acteur européen de référence des services informatiques à valeur ajoutée et des logiciels, GFI Informatique occupe un positionnement stratégique qui se différencie de celui des opérateurs de taille mondiale et des acteurs de niche. Avec son profil de multispécialiste, le groupe met au service de ses clients une combinaison unique de proximité, d’organisation sectorielle et de solutions de qualité industrielle. Comptant près de 11 000 collaborateurs, il a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de 804 millions d’euros.

Pour le premier trimestre, GFI Informatique a enregistré une progression de son activité de 11,4% à 218,8 millions d’euros. Il a réalisé en France un chiffre d’affaires en croissance de 11,6 % à 187,6 millions. À l’international, les ventes du trimestre se sont élevées à 31,2 millions, avec une croissance organique de 7,6%. «C’est un bon signal au moment où GFI Informatique entame la seconde étape de son plan de transformation qui vise à la fois à accélérer les investissements, tant internes qu’externes dans les logiciels, et à poursuivre des développements hors de France dans les pays où nous sommes déjà présents, mais aussi dans des zones à fort potentiel telles que l’Afrique» a déclaré Vincent Rouaix, PDG de GFIInformatique. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : GFI est une entreprise relativement jeune, depuis sa reprise par Jacques Tordjman en 1995. La croissance a toujours été forte au cours de ces dernières années : comment vous êtes-vous distingués de vos concurrents ?

Vincent Rouaix : À l’époque, nous étions dans un marché très porteur, l’entreprise était en croissance, le contexte était favorable et le positionnement qui avait été choisi judicieusement par Jacques Tordjman - celui de la proximité et de la réactivité - était en parfaite résonance avec le marché. C’était dans les années 90. Ensuite, il y a eu le retournement du marché dans les années 2000. Les clients ont commencé à demander beaucoup plus d’industrialisation et de globalisation, c’est-à-dire produire autant, voire plus, avec moins de dépenses. Suite à la bulle Internet, le marché boursier étant moins porteur, la société a subi des difficultés dans les années 2000 à 2006, après une opération de rapprochement avec Thalès qui a été un échec. Finalement, tout le modèle historique, celui de la proximité, de la réactivité et de l’intimité avec les clients, qui avait porté le développement dans les années 90, est devenu plus contrasté dans les années 2000, avec des clients qui demandaient plus de modèles industriels et plus de capacité à s’engager sur des produits finis et des coûts. À partir de 2008-2009, nous sommes repartis dans une stratégie très différente, celle de repositionner le groupe sur son marché. Comme tout le monde, le groupe avait adopté une stratégie internationale. C’était quelque chose de très porteur à l’époque et nous avons pris le contre-pied en partant du constat que le groupe a des points très positifs, comme ses gros clients, son intimité et sa proximité avec ses clients, et qu’il valait mieux capitaliser sur les relations avec les clients en France.

Nous avons vendu quelques participations dans des filiales étrangères, où nous étions en taille non critique, lorsqu’il n’y avait pas de réelle synergie ou lorsqu’elles étaient trop loin. C’est pour cette raison que nous avons sorti l’Italie, l’Allemagne ou le Canada. Nous nous sommes recentrés sur la France pour transformer notre offre avec plus de valeur ajoutée et plus de solutions produits. Par exemple, nous sommes aujourd’hui un éditeur dans le monde des collectivités locales et territoriales. Nous avons également plus de capacités à nous engager sur des périmètres plus importants à l’égard de nos gros clients. Tout cela nous a permis de repartir sur une croissance organique, mais aussi une croissance externe, pour positionner notre groupe avec une vision assez claire, celle d’être un acteur régional, le premier acteur local en France qui propose une offre complète, du conseil jusqu’aux solutions produits, en passant par les applicatifs et les infrastructures, c’est-à-dire tous les métiers proposés par une entreprise de services numériques.

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