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Mayotte et La Réunion : un marché qui reste réservé aux personnes qui ont un lien avec le territoire
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Dominique Saulquin, directeur de CAFPI La Réunion – Mayotte : « Le marché locatif est bien plus développé qu’en métropole en raison des lois spécifiques sur l’investissement outre-mer. »
CAFPI est arrivé sur l’Ile de La Réunion en 2005. Après Saint-Denis, Saint-Gilles et Saint-Pierre, c’est aujourd’hui à Saint-André, à l’est de l’Ile, que le numéro un des courtiers en crédit immobilier ouvre son agence. La stratégie de développement de CAFPI accompagne la demande locale, poussée par une croissance démographique très dynamique. Selon l’Insee, la population de La Réunion, qui atteignait 828 581 habitants en 2011, a grossi depuis d’environ 10 000 personnes par an. D’après les projections de l’institut, cette croissance devrait se poursuivre au même rythme jusqu’en 2040. Le même dynamisme démographique se retrouve à Mayotte, où CAFPI est également implanté. Cet autre département français d’outre-mer, également situé dans l’Océan Indien, à l’ouest de Madagascar, a vu sa population multipliée par quatre en trente ans, dépassant aujourd’hui largement les 200 000 habitants. Comme en métropole, les habitants de l’Ile de La Réunion profitent des taux bas de ces derniers mois pour investir dans l’immobilier. En 2014, ils ont été près de 900 (soit 550 dossiers) à contracter un prêt par l’intermédiaire de CAFPI. Un record de dossiers qui pourrait bien être battu en 2015. Le financement de l’accession à la propriété est très important sur l’Ile de La Réunion. En 2014, les trois quarts des clients de CAFPI ont emprunté pour acquérir leur résidence principale, pour un montant de 98 millions d’euros de crédits signés. L’acquéreur type de l’Ile est âgé de 40 ans et il emprunte 180 000 euros sur 18 ans. Dominique Saulquin, directeur de CAFPI La Réunion – Mayotte, fait le point sur la situation du marché immobilier.
L’Hebdo-Bourseplus : Quelle est la situation du marché immobilier à La Réunion ?
Dominique Saulquin : On assiste quand même à une baisse des prix depuis deux ans, notamment sur l’ancien, et c’était assez inévitable. Je pense que nous sommes arrivés au plus bas. Cependant, on n’observe pas franchement une grande augmentation des projets. L’activité économique est assez compliquée, mais nous continuons de progresser puisque c’est le courtage en crédit qui se développe dans son ensemble. Il y a toujours des projets de constructions, notamment sur des terrains familiaux car le coût du foncier est quand même assez élevé. Il y a des donations familiales et des constructions qui se font sur des terrains familiaux. C’est sans doute ce qu’il y a de plus important. On est aussi aidé par le prêt à taux zéro, puisque nous sommes dans les normes les plus favorables : avec la basse consommation et la mise en place d’un chauffe-eau solaire, nous avons des conditions plus positives qu’en métropole. Nous sommes sur une île, il y a des départs et des arrivées, beaucoup de gens bougent, il y a quand même des gens qui ont des rémunérations importantes, je pense à l’indexation des fonctionnaires. Il y a toute une population qui a un certain pouvoir d’achat et une autre partie qui vit des allocations et des minimums sociaux.
L’acquéreur type est âgé de 40 ans et il emprunte 180 000 euros sur 18 ans. Nous ne sommes finalement pas très loin des statistiques que l’on connaît en métropole… Existe-t-il un marché spécifique avec des résidents secondaires ?
Oui, c’est un peu ce que l’on peut observer dans des grandes villes de province : 180 000 euros de montant moyen emprunté. En ce qui concerne les résidences secondaires, il y a une volonté des Réunionnais qui travaillent depuis des années en métropole de revenir un jour à La Réunion. Ils achètent quelque chose ou ils font construire quelque chose sur un petit terrain. Pour la résidence secondaire même, c’est assez marginal. Le marché locatif est bien plus développé qu’en métropole en raison des lois spécifiques sur l’investissement outre-mer.
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