Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Le marché peut-il monter encore ?

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Après avoir réalisé un parcours haussier époustouflant depuis le premier janvier, la Bourse de Paris éprouve le besoin de souffler quelque peu à l’instar des autres places internationales. En effet, l’indice Cac 40 qui avait clôturé au 31.12.2014 à 4.272,75, a touché par la suite un plus haut de séance annuel à 5.269,50 points ce 15 avril 2015. Cela fait environ un gain de 1.000 points d’indice en trois mois et demi soit une hausse de 23,3 % ! Cela rend la performance d’autant plus « énorme » que les taux d’intérêt obligataires sont quasiment à zéro. Pour les gérants institutionnels et de fonds de pension, l’essentiel des revenus à distribuer à leurs clients retraités provient des plus-values boursières. A titre de comparaison, ces gains représentent 50 ans de revenus obligataires avec un rendement à 0,40 % (niveau actuel). Les actions peuvent-elles continuer à « cracher » davantage après une si longue période de hausse quasi ininterrompue ?

Autrement dit, les investisseurs sont-ils obligés de continuer à prendre de gros risques sur les marchés actions pour compenser l’absence de rendements obligataires ? Cela ne peut évidemment pas durer éternellement, car à la moindre escarmouche, ils voudront probablement tous vendre en même temps pour sauver les gains accumulés. C’est la raison principale pour laquelle il convient de rester extrêmement prudent dans ce type de marché à sens unique. Cela est d’autant plus dangereux qu’un grand nombre d’analystes pensent que les marchés sont pilotés par les banques centrales et que celles-ci ne laisseraient pas tomber les cours en cas de problème. Donc, en suivant ce raisonnement, il faudrait acheter les yeux fermés quelque soient les cours ! Évidemment que les choses sont loin d’être aussi simples et aussi sécurisées que ne le laissent supposer les banksters pour attirer les épargnants dans le piège boursier.

Ce qu’il ne faut surtout pas perdre de vue c’est le fait que la situation actuelle est totalement inédite et extraordinairement exceptionnelle. Les taux d’intérêt à long terme baissent sans discontinuer depuis la crise des « sub-primes » et ce mouvement s’est considérablement accéléré depuis janvier 2014. Par une relation de cause à effet partielle, l’eurodollar a fait de même. Ce sont ces deux événements qui ont donné ce coup de fouet considérable aux actions européennes et donc françaises. L’amélioration des résultats des sociétés n’a qu’un effet marginal sur la hausse. Ces deux choses ne sont pas reproductibles simultanément dans le futur proche pour deux raisons simples : D’une part, si les taux peuvent passer en territoires négatifs (!!), ils ne peuvent pas s’y enfoncer indéfiniment jusqu’à -3 % par exemple. D’autre part, le billet vert ne pourra pas continuer à s’apprécier à cette vitesse sans que la Réserve Fédérale n’intervienne de manière musclée pour défendre la croissance US qui menacerait de tomber en panne. Il n’y a guère que l’inertie de la bulle spéculative actuelle qui pourrait pousser encore les cours des actions à la hausse. 

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.