Equipementiers autos, l’eldorado ?
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. La semaine prochaine (numéro 792) : “Zodiac : sous tutelle de ses clients”. Bonne lecture !!!
Cette semaine, Faurecia a fait un nouveau décollage, comme une fusée, suite à la publication, mercredi dernier, de son chiffre d’affaires trimestriel. Personne ou presque ne voulait recapitaliser Faurecia, en urgence, en mai 2009, il a fallu, à l’époque, que la maison-mère, sur le diktat des banques, garantisse l’augmentation de capital à 7 euros l’action pour que l’entreprise, fabriquant des équipements pour l’industrie automobile, redore son bilan, via une augmentation de capital très significative, qui a été dilutive pour celles et ceux qui ne l’ont pas suivie. Celles et ceux qui ont suivi, à 7 euros l’action, doivent se réjouir aujourd’hui lorsqu’ils voient un cours supérieur à 46 euros.
Rares sont les placements qui ont, en six ans, abouti à une multiplication par presque sept de la mise. Que s’est-il donc passé ? Avant son augmentation de capital, Faurecia ne valait que quelques centaines de millions d’euros en Bourse et la plupart des analystes financiers ne parlaient que de la dette, de la dette et encore de la dette. Aujourd’hui, les mêmes analystes financiers, qui conseillaient de rester à l’écart en mai 2009, voire de vendre, se mettent tous à courir derrière le titre, recommandant l’achat, alors que la capitalisation boursière est montée à plus de 5,7 milliards d’euros. Filiale de Peugeot SA à plus de 51 %, Faurecia est une entreprise qui avait, déjà en 2009, les capacités de rebond qui se sont concrétisées au fur et à mesure des dernières années.
Celles et ceux qui ne me croient pas peuvent aller sur le site www.bourse.fr rubrique Lettre La Bourse puis consulter les études qui ont été publiées, il y a quatre, cinq, six, sept ou huit ans sur le titre Faurecia… Elles sont disponibles, il est possible d’acheter les anciens numéros de La Lettre La Bourse afin de se faire une idée sur qui avait raison ou tort. Après le trou d’air dans l’activité liée à la fermeture partielle des usines automobiles sur les mois de janvier et février 2009, il y a eu un rebond d’autant plus vif en 2010 et en 2011 que Faurecia est devenu un consolidateur, achetant, souvent en payant en titres, des entreprises concurrentes, telles que Emcon ou l’usine de Salines aux USA, ou encore Plastal, en Europe et en Amérique du Nord.
De la France à l’Europe, puis au monde entier.
Tout en faisant une consolidation par croissance externe, le groupe Faurecia s’est consolidé également en étendant son empire géographique, dans la foulée de ses clients, les constructeurs automobiles, qui, à la faveur de la crise, ont décidé de concentrer leurs achats de pièces détachées et de sous-ensembles vers des équipementiers moins nombreux, plus soigneux, plus responsables. Dans les petites entreprises, Le Bélier et Montupet ont parfaitement répondu aux demandes des constructeurs automobiles en ce qui concerne l’allégement des véhicules, la réduction de taille des moteurs (un petit trois cylindres essence d’aujourd’hui est capable de délivrer 130 ou 150 chevaux, pour 1,2 litre de cylindrée, alors qu’il fallait un gros moteur de 2 litres voire de 2,5 litres de cylindrée pour obtenir la même puissance il y a à peine plus de 10 ans). Les pièces en fonderie d’aluminium ont été fortement demandées, les spécialistes du secteur ont été portés, bien naturellement. De la même manière, Plastic Omnium, spécialiste des pare-chocs avant et arrière, et des systèmes d’alimentation en carburant, a remplacé progressivement les bons vieux réservoirs métalliques, très lourds, par des poches en plastique souple, protégées contre les déchirements, capables de résister à des chocs violents, et pesant moins lourd, ce qui permet de sortir des véhicules qui sont aujourd’hui 250 à 300 kg plus légers que les véhicules de la génération d’avant-hier. Renault va sortir très bientôt une voiture berline classique remplaçant sa Laguna, ce véhicule sera basé sur la plate-forme modulaire partagée avec Nissan, qui sert aussi pour les Espace, qui servira pour les Mégane, pour les Scenic, qui sert pour les Qashqai, qui va servir également pour les Kadjar… et de très nombreux autres véhicules, dont l’utilitaire Kangoo et tous les modèles qui en sont dérivés. Les constructeurs, sur ces plates-formes partagées, utilisent des pièces détachées communes, non visibles par le client, qui, c’est bien compréhensible, ne regardent que la carrosserie extérieure et l’intérieur du véhicule.
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