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Toujours la même sarabande
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Les marchés obligataires et l’Eurodollar continuent leur danse infernale en allant chercher toujours de nouveaux plus bas, ce qui entretient le flux acheteur sur les actions européennes de la part des étrangers dont le pouvoir d’achat augmente d’autant vis-à-vis des titres de sociétés du vieux continent. Pendant ce temps-là, les dissensions vont crescendo à l’intérieur de la zone euro avec une Allemagne pas vraiment enchantée de voir l’euro continuer à se dévaloriser à une telle vitesse. Alors que les taux obligataires continuent de foncer vers le mur des zéro, leur passage en territoires négatifs outre-Rhin est pour très bientôt. L’économie allemande reposant fortement sur les capitaux de ses retraités ne peut pas s’accommoder d’une telle situation. Les investisseurs ne pourront pas continuer indéfiniment à acheter des actions pour la simple raison que les obligations n’offrent plus de rendement. D’abords parce que leur prix ne cesse d’augmenter rapidement et ensuite ils ne mettront pas tous leurs avoirs dans les actions.
De l’autre côté de la spirale, à part les banques privées et les banques centrales, les investisseurs institutionnels finaux ne participent que marginalement aux appels d’offres des adjudications obligataires pour des raisons essentiellement contractuelles qui les obligent à posséder un certain pourcentage de titres obligataires dans leurs portefeuilles. Il est difficile d’imaginer que les équilibres actuels puissent durer très longtemps, à savoir des marchés actions très haut perchés et des taux d’intérêt proches de zéro, voire négatifs dans certains cas. Si les taux sont si bas, c’est parce que les banques en achètent massivement ne sachant pas quoi faire des immenses liquidités prêtées généreusement par les banques centrales. Ces dernières ont tellement peur d’une éventuelle « panne » de liquidités dans le circuit bancaire qu’elles entretiennent une situation potentiellement explosive. L’évolution actuelle des marchés ressemble à un krach à l’envers, un krach haussier en quelques sortes. Les intervenants ont tellement peur de laisser trop longtemps leurs liquidités à des établissements bancaires qu’ils préfèrent acheter des obligations à taux nuls et des actions très chères.
Or, un événement très important est intervenu récemment et qui pourrait rompre brutalement l’équilibre instable actuel : Il s’agit de la décision implicite de la Banque centrale Américaine (Fed) de rentrer prochainement dans un cycle long de remontée des taux d’intérêt après avoir bouclé son programme de rachats d’actifs (QE). Du coup, les investisseurs seraient subitement fortement attirés vers les obligations US dont les rendements remonteraient rapidement au-dessus de 3 % en quelques mois. Voilà pourquoi, il convient de rester extrêmement prudent face au marché actuel.
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