La plate-forme de synchronisation des objets connectés lève 1,3 million d’euros
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
Christophe Le Dantec, cofondateur d’Optiflows : « Nous avons créé le premier réseau social entre objets connectés. »
Optiflows, entreprise pionnière dans l’univers des objets connectés professionnels, vient d’annoncer une levée de fonds de 1,3 million d’euros. Créée en 2011, Optiflows édite une plate-forme de nouvelle génération permettant de connecter tous les systèmes de l’entreprise (automates, systèmes internet, objets connectés, téléphonie, smartphones...) et de les faire communiquer entre eux. Baptisée Surycat, cette plate-forme a pour objectif de lever les freins majeurs à la transition numérique des entreprises. À faible coût, elle permet de rendre interopérables tous les équipements de l’entreprise, quel que soit leur âge, et d’automatiser des interactions entre eux. Commercialisée selon un modèle indirect, via les intégrateurs de systèmes de télécommunications, les fournisseurs de services informatiques, les installateurs et les éditeurs de logiciels, l’intelligence apportée par la plate-forme d’Optiflows permet de proposer des solutions innovantes, jusqu’à des solutions Machine to Machine. En forte croissance depuis sa création (+ 285% de chiffre d’affaires entre 2013 et 2014), Optiflows a été distinguée par le label FrenchTech. Elle a été sélectionnée pour la labellisation Entreprises Innovantes des Pôles (EIP) et elle a intégré tout récemment l’accélérateur de jeunes pousses d’Altran, dans le cadre de son appel à candidatures intitulé «Les objets connectés au service de nos industries». Christophe Le Dantec, cofondateur d’Optiflows, revient sur cette évolution en abordant les enjeux pratiques de ce marché des objets connectés.
L’Hebdo-Bourseplus : Depuis plusieurs années, on parle de l’Internet des objets, mais on n’arrive à comprendre que depuis peu de temps tout ce que l’on peut faire dans ce domaine. Le grand public ne mesure pas encore totalement l’utilité que peut conférer l’Internet des objets dans sa vie quotidienne…
Christophe Le Dantec : On est encore dans la vague du romantisme. On prend en compte ces éléments comme un potentiel, mais pas encore comme une réalité. Il y a une différence entre l’objet et le service. L’objet est d’abord là pour rendre un service. On se concentre aujourd’hui sur l’objet en lui-même, parce qu’il est porteur de fantasmes et parce qu’il cristallise l’innovation mais, in fine, c’est d’abord le service qui va prévaloir. Nous avons eu des objets connectés qui se sont fondus dans les services proposés par les smartphones que nous avons dans nos poches. On voit que certains objets connectés, comme Google Glass, n’ont pas encore trouvé le service. Il faut attendre de trouver un modèle économique qui tienne la route. Il y a vingt ans, quand on parlait d’Internet, on disait que ce serait une fenêtre sur le monde et que cette fenêtre serait notre écran d’ordinateur. Aujourd’hui, l’accès à l’Internet est multiple et diversifié. Vous avez autant d’objets à la maison que l’on peut imaginer pour accéder directement ou indirectement à cette connectivité et cela devient naturel. On se rend compte que l’objet s’efface au profit du service. C’est pour cette raison que nous nous sommes d’abord concentrés sur les services que l’on pourrait créer autour de ces différents sujets. Nous nous sommes dit qu’il n’était pas obligatoire de se concentrer uniquement sur l’objet.
Concrètement, vous êtes totalement différents de ce que proposent Sigfox ou Bouygues Télécom dans le domaine de l’Internet des objets…
Oui. Le transport de l’information peut se faire dans l’entreprise par des réseaux mobiles, des réseaux physiques ou des réseaux radio comme le fait Sigfox. L’important, c’est de pouvoir accéder à l’information. Nous avons créé le premier réseau social entre objets connectés, des objets qui peuvent appartenir à l’ancien monde, et nous pouvons les rendre connectés. Ils peuvent avoir vingt ans d’âge et nous pouvons les intégrer à ce réseau social. On utilise le terme de réseau social parce qu’il a une vertu : il permet à des systèmes de se parler entre eux et, quand vous appartenez à un réseau social, vous pouvez potentiellement parler avec tous les autres membres du réseau. Si l’on veut créer des services pour les entreprises, il faut que ces services se basent d’abord sur ce que les entreprises ont déjà chez elles. Le premier enjeu est de dire au grand public ou aux professionnels : «Ne considérez pas que ce que vous avez chez vous est une dette technique et que ce sont des systèmes trop anciens». Nous considérons que cette dette est un capital et, à partir de ce capital, on va pouvoir créer des services en faisant communiquer les objets entre eux.
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