Contre la stigmatisation de la ruralité et des agriculteurs !

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jean-Marie Sermier, député UMP du Jura : « On est à nouveau en train de mettre des chaîneset un boulet aux chevilles de nos agriculteurs. »

Jean-Marie Sermier est maire de Dole et député UMP du Jura. Il vient de pousser un coup de gueule à l’Assemblée nationale contre la stigmatisation desterritoires ruraux. En effet, le seuil obligatoire de 20 000 habitants minimum pour une intercommunalité va contribuer à mettre à mal l’identité des territoiresruraux. Par ailleurs, il estime que la loi sur la biodiversité a pour effet de pénaliser le monde rural, particulièrement les agriculteurs. Il répond à nos questions.


L’Hebdo-Bourseplus : On entend depuis plusieurs années une inquiétude des maires ruraux sur l’avenir de la ruralité et cela semble se renforcer depuis quelques mois sur la question de l’intercommunalité. Il y a souvent cette même phrase : « On veut s’attaquer à l’identité de nos territoires ». Qu’en pensez-vous ?

Jean-Marie Sermier : On ne veut pas s’attaquer, on s’attaque clairement à l’identité du territoire par l’intermédiaire de la commune. Le gouvernement a fait le choix de ne pas officiellement mettre en cause la commune, parce qu’il sait que c’est dangereux. Mais il attaque violemment l’ensemble des communes de France avec une dotation qui baisse significativement, 11 milliards en quelques mois, et une intercommunalité qui va prendre de plus en plus de compétences. Je suis favorable à l’intercommunalité, mais donner à l’intercommunalité ce que les communes font bien elles-mêmes, je n’en vois pas l’intérêt, si ce n’est de rajouter des couches supplémentaires par des communautés de communes qui seront de plus en plus grosses. Dans un territoire rural comme le Jura, pour 20 000 habitants, il va falloir trouver à peu près une centaine de communes ! Je sais bien qu’il y a des seuils proposés par des dérogations, mais ces dérogations peuvent s’en aller du jour au lendemain…


Parfois, le grand public urbain ne comprend pas cette situation et il se dit : « 20 000 habitants, c’est quand même raisonnable… » Que lui répondez-vous ?

Je suis député et maire de Dole et j’ai été, pendant 25 ans, maire d’une commune de 500 habitants. J’ai été président d’une communauté de communes, qui a pour joli nom Le Val d’Amour, assez proche de la ville de Dole. J’ai fait ce choix de l’intercommunalité parce que je suis convaincu que nous servons plus l’intérêt général avec 24 communes et 10 000 habitants, plutôt que de rejoindre la communauté d’agglomération de Dole, qui avait déjà 50 000 habitants. Sachez simplement que mes 10 000 habitants tenaient sur 24 communes, ce qui correspond au périmètre de la ville de Paris ! Si je raisonne par les chiffres et que l’on explique que 20 000 habitants c’est petit, je réponds que c’est sur une structure d’agglomération représentant deux fois la surface de Paris : c’est énorme ! Vous voyez bien que les chiffres ne tiennent pas en la matière. Il faut plusieurs critères. Le premier, c’est la population, je ne le conteste pas. Le deuxième critère, c’est le nombre de communes, ce qui est important. Quand vous avez un EPCI avec 50 ou 60 communes, il n’y a plus aucune démocratie et c’est un exécutif qui décide seul. Le troisième critère, c’est la surface. Par exemple, regardez les images du crash de l’avion allemand : il n’y a qu’une habitation à quelques kilomètres ! Sur ce secteur, pensez-vous qu’il soit raisonnable d’avoir 20 000 habitants ? Il ne faut pas confondre les Hautes-Alpes, le Jura ou Paris… Il faut arrêter de concevoir l’aménagement du territoire comme un jardin à la française. Il faut être plus souple. On demande à nos responsables des services ministériels d’avoir un peu d’intelligence dans ce domaine. Finalement, sans nous l’annoncer, on est en train de créer une nouvelle strate très technocratique à travers ces métropoles.

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