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Vitesse excessive et châssis rouillé
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Le violent rebond technique de l’eurodollar de la semaine dernière s’est confirmé, mais cela est accompagné d’une extrême volatilité. Le séances de fortes hausses alternant avec les rechutes des lendemains. Du coup, les indices européens ont fini par redonner un peu de mou étant donné que leur très forte progression depuis le début de l’année a largement été tirée par la chute vertigineuse de la monnaie unique, notamment vis-à-vis du billet vert. Même à Wall Street (voir plus loin), pourtant sensée être favorisée par la baisse du dollar, la tendance a nettement marqué le pas dans la semaine.
Les valeurs technologiques commencent à tousser avec quelques corrections remarquées, mais cela n’empêche pas pour autant le Nasdaq de se rapprocher encore de son record historique absolu de l’année 2001. De manière globale, les marchés financiers sont profondément perturbés par les rendements nuls, voire négatifs, sur les placements obligataires. Les opérations de rachat de la dette sur les marchés par la BCE s’est avéré une aubaine pour les gros investisseurs internationaux qui ont vendu leurs titres obligataires avec une énorme plus-value pour ce type de produit. Une partie seulement du produit de la vente a été réinvestie en actions par souci de diversification géographique. J’ai du mal à imaginer ces mêmes investisseurs revenir souscrire à de nouvelles émissions à taux zéro alors qu’ils peuvent trouve beaucoup mieux ailleurs, sans parler du risque de change. Sur le plan technique, les cours de l’indice Cac 40 ont largement touché la ligne supérieure du canal de tendance haussier à long terme. Je pense que l’objectif ultime est atteint même si les cours pourraient osciller longtemps entre 5.000 et 5.100 points au cours de semaines à venir.
Tant qu’il n’y a pas d’accident financier majeur, cela pourrait encore tenir, le temps d’absorber les excès de liquidités dans le circuit de l’investissement. En revanche, les banques privées restent fortement dépendantes de cet environnement suralimenté en liquidités car les circulations monétaires ne se font pas en Europe depuis l’éclatement de la crise grecque. Les établissements débiteurs empruntent de l’argent quotidiennement à la BCE qui emprunte à son tour aux établissements créditeurs. Auparavant, cela se faisait de banque à banque et cela porte le nom de feu le marché interbancaire. Pourtant, la demande de crédit tant au niveau des entreprises que des particuliers reste très faible, ce qui confirme bien que quelque chose ne tourne plus rond dans le système actuel.
Le hic, c’est qu’à un moment ou à un autre, la BCE va devoir dire stop à quelques uns et cela fera très mal aux marchés boursiers ! La fameuse réforme du système bancaire a une nouvelle fois été enterrée par Bruxelles, jusqu’à la prochaine crise. Pour résumer la situation actuelle, disons que la mécanique est haussière, la vitesse excessive alors que le châssis est rongé par la rouille et le circuit de freins commence à devenir poreux. Bon vent pour les acheteurs !
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