Les valeurs surévaluées, celles qu’il convient de vendre.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. La semaine prochaine (numéro 788) : “Médias : la publicité peut-elle reprendre ?”. Bonne lecture !!!
Nous poursuivons, comme annoncé, notre étude de la semaine dernière, et nous la concluons avec une mise en lumière des valeurs qui sont aujourd’hui à des plus hauts historiques plus ou moins justifiés, des titres qui sont très chers, trop chers, et qu’il convient de vendre si vous les avez en portefeuille.
Accor : même Eurazeo et Colony passent par la “case cash”.
A tout seigneur tout honneur, puisque le groupe, afin de bénéficier de la primauté dans les anciens annuaires papier, s’appelle A comme Accor, l’hôtelier mérite que l’on se penche sur son sort. Les fondateurs, Messieurs Dubrule et Pelisson, ont cherché, pour créer le groupe Accor, un peu d’argent, parfois beaucoup d’argent, et ont levé du capital. De façon bizarre, depuis que les fonds Eurazeo et Colony Capital ont mis la main sur le groupe Accor, ils n’ont rien apporté, et, au contraire, ils ont fait un peu à la manière de l’Etat français, multiplié les tontes du mouton, et pressé plutôt dix fois qu’une sur le pis de la vache à lait. Certains lecteurs me diront que le titre Accor, à environ 50 euros, n’est pas dans ses plus hauts historiques puisqu’il a coté, il y a quelques années de cela, entre 55 et 60. Ils ont tort et ils ont une mémoire défaillante. En effet, le titre Accor actuel ne représente pas tous les actifs de l’Accor précédent. Le groupe a vendu un certain nombre de chaînes hôtelières, notamment Motel 6 aux Etats-Unis, il a vendu pour plusieurs milliards d’euros d’immobilier, notamment les murs de ses hôtels, il a distribué des dividendes exceptionnels régulièrement, il a cédé tout un tas d’activités de diversification, comme notamment une agence de voyages, un traiteur, et d’autres affaires plus ou moins importantes, mais bien valorisées, qui ont fait des entrées sonnantes et trébuchantes… immédiatement redistribuées par un actionnariat vorace. Il y a eu enfin, il ne faut pas l’oublier, la séparation d’Accor avec l’ancienne branche « tickets restaurant », devenue Edenred, et, outre les dividendes versés à titre exceptionnel, il convient d’ajouter une action Edenred et sa valeur au cours actuel d’Accor, ce qui veut dire que l’on est plus proche qu’il n’y paraît de la centaine d’euros que le cours actuel d’environ 49 à 50 euros, si l’on veut regarder des choses comparables. Pourquoi je considère que le groupe Accor est désormais cher, trop cher, et doit être vendu ? Visiblement, je ne suis pas le seul à le penser puisque Colony et Eurazeo ont placé ce mercredi la moitié de leur participation.
Bazin se couvre de ridicule, pieds nus devant les analystes.
C’est tout simplement parce que le groupe n’a plus les moyens de ses ambitions. En Chine, il a été obligé, récemment, d’apporter ses hôtels à un groupe chinois, pour ne prendre qu’une participation minoritaire dans le capital du nouvel ensemble, et le seul bénéfice que l’on peut voir dans l’accord signé, outre ses parts minoritaires, c’est que le groupe va récupérer, si le partenaire chinois joue le jeu, la clientèle chinoise dans ses autres hôtels en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Europe, et tout particulièrement en France, tout simplement parce qu’il y a eu un accord de partenariats croisés sur les cartes de fidélité. C’est maigre ! Accor est une entreprise qui travaille correctement, qui fait de bonnes prestations, mais qui ne ressemble plus du tout à l’entreprise d’il y a une dizaine ou une quinzaine d’années, diversifiée, avec des actifs très complémentaires puisque les besoins de financements liés à l’hôtellerie étaient plus que compensés par les excédents de trésorerie de Tickets Restaurant. Ne craignant pas le ridicule, pour présenter un jour sa stratégie digitale, le gestionnaire caricatural qui a pris la place de PDG du groupe Accor s’est présenté nu-pieds devant des analystes financiers stupéfaits, qui se demandaient quel style d’herbe il avait pu fumer. Dans sa configuration actuelle, le groupe Accor est très surévalué, il convient donc de vendre l’action, si vous l’avez en portefeuille. Il n’en est pas de même pour Pierre & Vacances, qui cote environ 26 à 28 euros, selon les jours, qui a des ratios de valorisation de ses résultats à peu près similaires, mais qui a des résultats variables, selon l’aboutissement, ou non, de projets de promotion immobilière. Le groupe Pierre & Vacances, entreprise qui est restée à actionnariat familial, se développe, d’année en année, avec Center Parcs, avec ses résidences, et maintenant avec les Villages Nature dans la périphérie d’Eurodisney. Il est intéressant, lorsque l’on veut rester dans l’industrie du tourisme, de vendre les actions Accor surcotées pour acquérir des actions Pierre & Vacances, on a deux actions Pierre & Vacances ou presque pour une action Accor, c’est un arbitrage tout ce qu’il y a de plus intelligent à effectuer.
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