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Quand le chien se mort la queue
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Ils avaient décidé de pousser le marché à 5.000 points à marche forcée et ils sont en passe de le réussir. Je persiste et signe que cette hausse me parait totalement artificielle et difficile à tenir dans le temps sauf à augmenter indéfiniment la masse monétaire M1 au mépris de tous les fondamentaux économiques ! C’est justement cette fameuse « M1 » qui a beaucoup trop gonflé en France au détriment des marges et de la trésorerie des entreprises du monde réel qui s’en trouvent totalement asphyxiées. Une autre façon de dire la même chose est de constater que les montagnes de liquidités déversées par les banques centrales et l’accroissement abyssal de la dette publique ne vont pas dans l’économie mais directement dans la spéculation haussière.
Chaque nouvelle obligation supplémentaire émise sur le marché permet aux banques qui la détiennent, directement ou à travers le portefeuille d’un client, d’obtenir 100% de son équivalent en cash sous forme de prêt gagé dessus auprès de la BCE ou la BdF et éventuellement de spéculer avec sur les marchés dérivés. Même les banques grecques peuvent et ne se privent pas de le faire en donnant en contrepartie de la dette publique grecque alors que celle-ci sera dévaluée de manière certaine dans moins de deux ans ! Il est bon de le savoir avant de se jeter corps et âme dans la gueule du loup en achetant aux cours actuels.
Bien entendu, les choses ne sont pas aussi simples car les marchés sont devenus extrêmement complexes et imbriqués mais le gonflement excessif de la masse monétaire n’annonce rien de bon sur le moyen terme. Il est naturellement impossible de prévoir la date exact du changement de décor annoncé avec précision et d’ici-là beaucoup de liquidités aura coulé sur des marchés ardents. Autrement dit, avant de s’écrouler, le Cac 40 pourrait fort bien poursuivre son parcours fortement haussier jusqu’à 7.000 points ! Avant cela, le bankstérisme prévoit d’attirer encore beaucoup de capitaux sur les hauteurs actuelles voir au-dessus, et ce, jusqu’à tarissement des flux acheteurs.
Quand je regarde le comportement des marchés obligataires depuis quelques mois, j’y vois soit quelque chose de totalement incompréhensible soit quelque chose de terrifiant. Si les taux y baissent (les obligations montent lorsque leurs taux baissent sur le marché secondaire et inversement) si fortement et si rapidement c’est que des gens en achètent massivement et précipitamment en y plaçant leurs économies au lieu de les mettre ailleurs. Or, plus les États s’endettent plus leur signature (notation) se dégrade et les chances de défaut de paiement à terme augmentent.
C’est le paradoxe de la situation actuelle, ce qui me fait penser que cela ne pourrait pas durer dans le temps, en tout cas pas plus que le temps nécessaire pour absorber une demande surabondante et artificiellement créée de toutes pièces. La hausse des marchés actions n’est que la conséquence mécanique de ce phénomène car les obligations et les actions sont fortement liées à travers les opérations d’arbitrages massives via les marchés dérivés.
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