Peugeot a retrouvé de la marge en 2014.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. La semaine prochaine (numéro 784) : “Immobilier : les prix ont fortement baissé, est-ce terminé ?”. Bonne lecture !!!

Peugeot : le miracle n’est pas si miraculeux que cela. Il a même un nom, et un prénom... Merci Philippe Varin ! Le plan, décidé en 2012, annoncé dans la polémique en juin 2012, avec la fermeture de l’usine d’Aulnay, avec la restructuration de tout l’outil industriel… est une réussite, il visait une capacité libre d’autofinancement nette positive en 2014… cela a été 2,18 milliards d’euros, le moins qu’il soit possible de dire, c’est que c’est une réussite, au-delà des meilleures espérances ! Les grincheux vont vous dire que cela a été très simple, car il a suffi de réduire les stocks, dans la division automobile, effectivement, les stocks, qu’il s’agisse de pièces de rechange, de pièces industrielles, ou du stock de véhicules neufs, ont été particulièrement réduits… à fin 2013, il y en avait pour 4,5 milliards d’euros, fin 2014, on était retombé à 3,1 milliards.

C’est un fait, mais, s’il n’y a pas de bons produits, s’il n’y a pas de bonnes instructions, les stocks ne se réduisent pas par un coup de baguette magique, il n’y a rien de miraculeux là-dedans : les stocks se sont réduits car il y a eu des optimisations fortes d’effectuées, et une réduction des besoins structurels de la division automobile, sans oublier le succès des nouveaux modèles, que les clients commandent, qui ne restent pas sur les parkings lorsque les concessionnaires les ont achetés… c’est plutôt du bonus. Si le résultat opérationnel courant du groupe PSA s’est amélioré de façon spectaculaire, puisque, dans l’automobile, il est passé d’une perte de 1,039 milliard à un bénéfice de 0,063 milliard, cela ne s’est pas fait tout seul non plus. 


Les orages de 2014 (Russie, Brésil...) ont pesé.

Il y a eu un effet négatif des marchés, notamment en Russie et en Amérique du Sud, il y a eu également un effet négatif des normes nouvelles, et, ne l’oublions pas, un taux de change qui n’a pas été favorable, pendant la majeure partie de l’année, quand on tient compte de la structure de l’outil industriel, et de la part des pièces qui sont sourcées localement dans les usines de montage ou de fabrication à l’étranger. L’environnement opérationnel a été une dégradation d’un demi-milliard d’euros, on ne partait donc pas d’une base d’un milliard d’euros de pertes opérationnelles mais davantage d’un peu plus que de 1,5 milliard, toujours dans la branche automobile. Il y a donc eu un énorme effort de performance de réalisé, qui ne s’est pas fait exclusivement au détriment des fournisseurs, on va le voir avec le détail de la ressource. Le résultat opérationnel a été amélioré de 500 millions d’euros exactement par ce que l’on appelle le « mix produit », qui a permis de vendre davantage de voitures plus chères que par le passé. Il y a eu également un enrichissement du produit, la vente d’options, et une meilleure tenue des prix qui a pu être constatée. Cela, pour 458 millions d’euros. En ce qui concerne les autres réductions de coûts, les achats et la production ont permis d’économiser 351 millions, les frais fixes notamment de siège et les frais de marketing ont permis de réduire de 128 millions d’euros les dépenses, on a rogné beaucoup plus modestement sur les frais de recherche et de développement, seulement 94 millions ont été trouvés dans ce budget. En Europe et le reste du monde (hors Chine), le seuil d’équilibre était à 2,6 millions de véhicules fabriqués, il est tombé à 2,1 millions, il sera de l’ordre ou en dessous de 2 millions en 2015, puis entre 1,8 et 1,9 million seulement en 2016 ou 2017. Il faut rappeler que le groupe PSA, en 2014, n’a quasiment pas fabriqué de pièces détachées envoyées en Iran, alors que, en 2011, cela représentait un chiffre d’affaires de plus d’un demi-milliard d’euros, avec une marge d’au moins 150 à 200 millions d’euros.


En Chine, tout va bien.

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