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Pour l’opposition, la loi Macron ne changera rien...
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Guillaume Chevrollier, député UMP de la Mayenne : « Le projet de loi Macron est une occasion ratée. »
L’incertitude de l’issue du scrutin sur le projet de loi Macron a conduit le gouvernement à avoir recours à l’article 49-3 qui permet l’adoption d’un texte sans passer par un vote : «C’est un véritable aveu de faiblesse pour le gouvernement», souligne Guillaume Chevrollier, député UMP de la Mayenne, qui rappelle que «ce texte, qui était fourre-tout dès le début avec 106 articles disparates au départ, est devenu illisible avec 295 articles en fin d’examen, on ne peut plus hétérogènes». Certes, le parlementaire a apporté son soutien à quelques articles qui vont dans le bon sens, notamment pour le développement du transport par car et l’épargne salariale. Mais il estime que «ce texte ne correspond pas à la gravité de la situation économique et au chômage, qui atteint des records historiques. Non seulement il ne prévoit pas de baisses de charges, pas d’allègement du coût du travail, pas de levée de contraintes pour les entreprises, mais au contraire il impose de nouvelles contraintes et complexités». Guillaume Chevrollier répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Comment réagissez-vous à l’utilisation du 49-3 pour faire passer la loi Macron ?
Guillaume Chevrollier : C’est un passage en force et c’est une vraie surprise de voir le Premier ministre s’engager sur un texte fourre-tout. Je me souviens que le candidat François Hollande avait indiqué qu’il n’utiliserait pas le 49-3... On le met en application sur ce texte alors qu’aucune mesure, à mon sens, ne redressera notre pays. C’est effectivement une surprise et cela montre bien l’état de fragilité de la majorité actuelle. Pour moi, le projet de loi Macron est une occasion ratée.
Il y a de nombreuses mesures, dont certaines sont mal identifiées : il y a celles concernant les notaires, d’autres sur le transport par autocar... Mais avec 10 000 nouveaux chômeurs par mois dans notre pays, tout cela semble de portée très limitée…
C’est ma position, car avec 295 articles - même si, au début, il y en avait 106 - on est loin d’une sobriété législative que j’appelle de mes vœux. Ce que j’entends sur le terrain, c’est surtout le bon sens qui appelle à la stabilisation des normes et à la baisse des charges et des dépenses publiques. Or, le gouvernement nous propose cette loi Macron dans un contexte de hausse massive du chômage, qui atteint des records historiques. Il y a une somme de mesures diverses et variées, dont certaines peuvent aller dans le bon sens, comme celle concernant les autocars. En effet, en milieu rural, c’est une disposition qui peut avoir des retombées intéressantes. Il y a aussi l’épargne salariale, qui permet la participation des salariés à la vie économique de l’entreprise. Il y a quelques dispositions qui vont dans le bon sens, mais la philosophie générale n’est pas du tout à la hauteur de la gravité de la situation économique, avec les liquidations d’entreprises et les difficultés des entrepreneurs qui se plaignent dans tous les domaines, notamment ceux du bâtiment. A cela s’ajoute l’administration, qui n’est pas là pour coopérer avec les entrepreneurs mais pour leur demander d’appliquer sans cesse des nouvelles contraintes et des nouveaux règlements. C’est la réalité de l’économie aujourd’hui.