Les maires ruraux sont de plus en plus pessimistes

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Richard Télatynski, maire d’Annois (Aisne) : « Le gouvernement ne s’intéresse pas suffisamment aux petites communes. »

Les maires ruraux se montrent de plus en plus pessimistes face à la baisse des dotations de l’État. Nous avons demandé à Richard Télatynski, maire d’Annois, une commune de 400 habitants située dans le département de l’Aisne, de nous livrer son témoignage. En effet, lors de la traditionnelle cérémonie des vœux, il a évoqué « des nuages sombres » qui planent « au-dessus de nos petits villages ruraux. On va modifier nos cantons, nos régions, nous isoler des instances de proximité dont nous avons besoin. Nous, les petits villages, serons réduits à quémander l’aumône pour boucler nos budgets et de surcroît avec la baisse des dotations, les maires sont pessimistes.» Richard Télatynski répond à nos questions.


L’Hebdo-Bourseplus : Quelles raisons vous ont conduit à tenir un discours aussi pessimiste sur l’avenir des villages ruraux, lors de la cérémonie des voeux ?

Richard Télatynski : Nous avons eu un coup de flash avec la baisse des dotations. On baisse les dotations, alors que dans les communes rurales on a besoin de faire des routes et on doit répondre à toutes les difficultés concernant la bonne marche d’une commune. Le budget d’une petite commune est serré à 100% et, si l’on nous supprime ce dont nous avons besoin pour travailler, ce n’est plus possible ! Ce n’est pas sur ce type de budget qu’il faut serrer la vis. C’est une opinion partagée par l’ensemble des maires de France. Vous savez, nous gérons un budget au centime près. On a une bêche, un râteau et un balai : on nous prend la bêche et le râteau, il ne reste plus que le balai ! Évidemment, c’est une image...


Avec 400 habitants, la marge de manœuvre sur la fiscalité est inexistante…

Chaque fois que nous faisons quelque chose, nous sommes obligés de compter au centime près. Il y a de nombreuses choses que nous reportons, rien n’est gaspillé dans une petite commune. On est en train de nous brider. Le gouvernement ne s’intéresse pas suffisamment aux petites communes. Maintenant, on est obligé de faire avec... Mais on fera moins.

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