Défense nationale : le gouvernement reste flou sur les moyens

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

François Cornut-Gentille, député UMP de la Haute-Marne : « Même si l’on trouve les 2 milliards, les décisions qui ont été prises, compte tenu de l’actualité, font que nous sommes dans une impasse budgétaire. »

François Cornut-Gentille, député UMP de la Haute-Marne, est membre de la commission des finances de l’Assemblée nationale et spécialiste des questions de défense. Mardi dernier, il a interpellé le Premier ministre, Manuel Valls, sur les inquiétudes qui pèsent sur le budget de la défense. En effet, malgré les annonces formulées par le gouvernement depuis les attentats, les moyens ne sont toujours pas au rendez-vous. Le parlementaire souligne également dans un communiqué que parmi les nombreux amendements à la loi Macron, «figure un projet dédié aux désormais célèbres et incompréhensibles sociétés de projet. Cet amendement crée un droit dérogatoire à toutes les dispositions légales en vigueur pour permettre la création de ces sociétés à capitaux mixtes, publics /privés. Selon le mécanisme décrit, l’État cède à la société de projet la propriété d’un équipement livré ou en cours de construction ayant vocation à être utilisé sur un théâtre d’opérations. Comme il est mentionné, «une fois réceptionné par l’État, l’équipement devient la propriété de la société de projet et est immédiatement loué au ministère de la Défense.» Le court-termisme l’emporte sur la logique et les économies à moyen terme. Chaque alinéa de cet amendement vise à créer un régime dérogatoire à toutes les réglementations existantes : code général de la propriété des personnes publiques, code monétaire et financier, loi de programmation des finances publiques… Une zone de non-droit ! Bref, un montage juridique alambiqué qui porte atteinte aux principes de bonne gestion et de l’intérêt général.» François Cornut-Gentille répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : On nous explique que le concept de défense n’est plus le même depuis le 11 septembre 2001, car les conflits ne s’exercent plus entre États. Nos militaires ont compris cela, mais ils se plaignent toujours du manque de moyens. C’est un constat qui n’est finalement pas nouveau...


François Cornut-Gentille : Il y a toujours eu des tensions sur le budget de la défense, avec un affrontement ancien entre le ministère de la défense et Bercy qui essaye de rogner des crédits. Cette bagarre n’est pas nouvelle. Ce qui est nouveau, c’est que depuis 2008, de façon continue, aussi bien sous le mandat de Nicolas Sarkozy que sous celui de François Hollande, on a demandé à la défense un effort en termes d’effectifs et de réorganisation que l’on n’a demandé à aucun autre ministère ! Il y a une pression beaucoup plus forte sur la défense que sur aucun autre ministère et cela fait sept ou huit ans que cela dure… Au début, il y a un peu de gras, on peut y aller. Après, c’est beaucoup plus compliqué. On commence à taper dans le dur au moment même où notre défense n’a jamais autant été sollicitée. Si nous étions dans une période où la défense était un peu en réserve, pourquoi pas, mais ce n’est pas vraiment le cas aujourd’hui. Nous sommes dans une situation très particulière, qui nécessite de quitter ces combats traditionnels.


Cela s’explique-t-il aussi par le fait que les militaires ne descendent pas dans la rue ?

On a commencé à demander des efforts à la défense au cours du mandat précédent et il est vrai que les militaires sont obéissants, ils ne descendent pas dans la rue... C’est l’une des raisons pour lesquelles il est beaucoup plus facile de réformer. Il est certain que pour un gouvernement, de gauche ou de droite, il est plus facile de réformer là qu’ailleurs.

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