Gueule de bois... pour excès de vodka à la SocGen.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. Les semaines prochaines (numéro 779 à 781) :“Le grand bankstérisme déshabillé, révélations sur Crédit Mutuel-CIC, BNP Paribas, Crédit Agricole-LCL,Société Générale, comptes truqués risques et Cie”. Bonne lecture !!!
Société générale, le péril russe se fait très concret ! A l’annonce que la Russie avait été dégradée en « catégorie spéculative » par l’agence Standard & Poor’s, le titre Société Générale, qui s’était repris en fin de semaine dernière, a abandonné 2,5 % environ ce mardi... mercredi, c’est -2,75% encore.... Le pire est-il à venir ? C’est très probable. Ce n’est pas cher payé pour le risque qui est aujourd’hui « dans la caisse ». Vous vous en souvenez peut-être, si vous avez bonne mémoire, mais, lors de l’annonce des pertes subprimes, mélangées aux différentes pertes colossales liées au débouclage des positions prises par M. Jérôme Kerviel, la Société Générale avait annoncé prendre la main sur le russe Rosbank, une sorte de « trophée de compensation ».
La banque avait pu alors annoncer qu’elle augmentait son capital non pas seulement pour compenser les énormes pertes subies dans les différentes malversations (sur décision de M. Bouton, alors PDG, incapable de vérifier ce qui se passait à l’intérieur de chez lui puis incapable de dénouer sans casse la position prise… sans compter l’histoire des subprimes), mais parce que l’entreprise faisait de l’extension, un achat de banques à l’international. La Société Générale « jouait sa peau », elle savait bien, en toute conscience, qu’elle mettait « une pilule empoisonnée » pour tout repreneur éventuel, pour toute offensive, notamment de BNP Paribas, à l’affût.La Société Générale avait beaucoup d’actifs pourris à céder (pour plus de 20 milliards d’euros, ce qui n’est pas une petite somme), avait également des positions ultra-spéculatives qui étaient bordées par des produits dérivés émis par l’assureur américain AIG, principalement… Tout cela, bien évidemment, c’était le règne de la folie spéculative, en étant engagé, bien au-delà des fonds propres !
Deux sauvetages en 2008, après Kerviel, après Lehman Brothers.
Fin 2008, c’est le sauvetage « in extremis » de l’assureur AIG par la Banque centrale de l’Etat de New York qui a permis à la Société Générale de ne pas sauter, car elle a pu récupérer pour plus de 10 milliards de dollars de compensation, sur l’exercice de ses produits dérivés, en contrepartie des pertes subies sur les différents instruments spéculatifs qui étaient détenus, sans valeur ou presque avec le krach boursier, avec l’effondrement suite à la faillite de la banque Lehman Brothers. On le voit, la Société Générale, fondée en 1863, a bien failli ne pas fêter son cent cinquantième anniversaire, ce qui a été célébré assez discrètement, vu l’état dans lequel l’entreprise est tombée, du fait de la crise. Au cours des cinq derniers exercices dont les comptes sont connus, la Société Générale a eu des pertes sur ses différentes activités, le « coût du risque », pour un total cumulé de plus de 22 milliards d’euros, ce qui représente l’effacement d’une année de chiffre d’affaires ou presque sur les cinq, ce qui montre bien à quel point la Société Générale a été transformée, par Daniel Bouton, dans un système ultra-spéculatif, qui n’est pas guéri, plus de six ans après la crise, les résultats de l’exercice 2014 vont le prouver une fois de plus.
La banque a comme principal actionnaire ses fonds salariés, qui ont entre 7,5 et 8 % du capital. Un peu à la manière des banques mutualistes, il s’agit d’une sorte d’autocontrôle, personne ne dirige, personne ne nomme, personne ne corrige, personne ne réprimande lorsqu’il y a des erreurs. Groupama s’est brûlé les doigts à faire partie du capital « noyau dur » de la Société Générale, et d’autres actionnaires, tels BlackRock sont aujourd’hui très peu heureux de leur situation, avec un peu moins de 5 % du capital et, de surcroît, zéro pouvoir pour éviter que le bateau ivre s’en aille vers les récifs. La Société Générale est une entreprise de banque internationale, quasiment depuis sa création, avec une forte base en Europe centrale, via son ancienne branche « Alsace Lorraine », qui fut séparée sept ans après la création de la Société Générale, et qui, autonomisée, s’était développée vers les empires autrichiens et allemands, un fonds de commerce qui fut récupéré, après la chute du Mur de Berlin, et la privatisation de la Sogénal.
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.