Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Le salaire de la peur

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

C’est la pire des situations que l’on pourrait rencontrer sur les marchés boursiers : Se sentir obligé d’acheter car les cours montent, montent et montent encore alors que l’environnement économique et financier est de plus en plus explosif ! Pendant que la croissance en zone euro reste anémique depuis 2008, que la dette des États membres et des banques enfle de manière exponentielle, les rendements obligataires se rapprochent de zéro pour le « 10 ans » et passent même en territoires négatifs pour les échéances les plus courtes. Comme la valeur d’une obligation (dette d’État) évolue à l’inverse des taux et qu’elle représente la plus grande partie des actifs en circulation dans le Monde, on se trouve tout simplement au cœur d’une gigantesque bulle spéculative dont personne ne sortira indemne. La hausse actuelle des indices boursiers est directement le résultat de cette situation ubuesque et totalement invraisemblable. Au départ, il fallait sauver un certain nombre d’établissements menacés de faillite à la suite du séisme déclenché par la crise grecque en 2011 alors qu’elles étaient déjà fortement secouées auparavant en 2008 par la crise des « sub-primes ».

La BCE leur a prêté des centaines de milliards d’euros quasi gratuitement pour se refaire « la cerise » sur les marchés et c’est exactement ce qu’elles ont fait : Avec la bulle obligataire et la hausse des actions en corollaire, elles sont aujourd’hui en mesure d’afficher des bilans extrêmement flatteurs. Toutefois, comme toutes les hausses pyramidales, elles ont des failles qui du jour au lendemain peuvent tout faire écrouler. Ainsi, le premier maillon à lâcher se trouve curieusement en Suisse car la Banque nationale Suisse achetait sans cesse des euros, qui malgré ce soutien de taille cédait du terrain tous les jours. La « digue » helvète vient de céder, la BNS ne pouvant plus accumuler davantage de dettes européennes dans ses comptes, entraînant dans son sillage la chute des actions suisses. Le paradoxe actuel est le fait que les investisseurs internationaux prêtent de l’argent gratuitement aux États membres dont la dette est colossale et ne diminue nullement avec à la clé des pertes de change énormes !

Même en utilisant des couvertures sur les marchés dérivés, les pertes en capital sont bel et bien constatés d’avance. La vraie question à se poser est de savoir ce qui va se passer lorsque la course des taux s’inversera et que tout le monde commencera à vendre de la dette. Les bilans des banques étant extrêmement liés aux niveaux des taux d’intérêt, peuvent-elles encaisser un retour à la normale que je situerai entre 2,5 et 3 % ? Techniquement, aujourd’hui le Cac 40 est sorti par le haut de son canal baissier à moyen terme et s’attaque à la prochaine zone de résistance, située vers 4.500 points. En cas de débordement, la résistance majeure se trouve dans la zone des 4.600 points.

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