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Le marché du neuf souffre de l’excès de normes et d’une fiscalité confiscatoire
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
François Payelle, président de la Fédération des promoteurs immobiliers : « Les coûts de construction ont augmenté de 50% en 10 ans. »
Les mises en chantier de logements neufs ont une nouvelle fois diminué, leur nombre total passant sous la barre des 300 000 sur douze mois, pour la première fois depuis 16 ans. A l’exception des extensions ou des surélévations de bâtiments déjà construits, le nombre de mises en chantier s’est établi à 267 491. Pour François Payelle, président de la Fédération des promoteurs immobiliers, 2014 a été «une très mauvaise année». Il fait le point sur la situation dans laquelle se trouvent les promoteurs, qui dénoncent une quantité trop importante de contraintes et de normes, ainsi qu’une fiscalité qui décourage les investisseurs.
L’Hebdo-Bourseplus : Le métier de promoteur est devenu extrêmement complexe. Il y a quelques années, le promoteur achetait un terrain pour construire un immeuble et, ensuite, il revendait les appartements… C’est simple sur le papier. Or, dans la réalité, on s’aperçoit que tout est devenu très compliqué avec la multiplication des normes et des recours…
François Payelle : Le modèle économique n’a pas changé. Au fond, il nous appartient de trouver un terrain, de déposer des demandes d’autorisation d’urbanisme, de les obtenir, d’éviter qu’il y ait trop de recours, de vendre et de construire… Donc, sur les fondamentaux, notre métier reste le même. La difficulté, c’est que le délai moyen pour livrer le premier logement d’une opération est passé de quatre ans et demi, à six ans et demi en moyenne. Ce délai s’est considérablement allongé depuis une quinzaine d’années pour de nombreuses raisons. L’urbanisme s’est complexifié, la décentralisation a apporté plus de maîtrise locale, plus d’analyse des besoins, mais parfois aussi plus de freins locaux. On sait bien que les habitants d’un quartier n’aiment pas que les choses bougent. On est toujours réservé sur les nouveaux projets et, j’ai envie de dire, de plus en plus réservé… Il y a effectivement les normes de construction, puisque l’on a empilé depuis 15 ou 20 ans une quantité de normes techniques, des normes sismiques, des normes thermiques, des normes acoustiques, des normes en matière d’accessibilité des logements, des normes sur les ascenseurs ou sur les places de parking… Tout cela fait que c’est de plus en plus compliqué, de plus en plus long et coûte de plus en plus cher.
Votre modèle économique n’a certes pas changé, mais l’instauration de ces normes a eu un impact considérable...
Lorsque le gouvernement s’est enrichi d’un secrétariat d’État à la simplification, nous avons dit évidemment que notre métier était l’un des premiers concernés parce que, à force de complexifier les choses, on voit bien que l’on aboutit à un résultat navrant. La production de logements neufs est en train de ralentir, alors que les besoins restent considérables. Au lieu d’augmenter l’offre, on est dans une logique où la pénurie augmente, les tensions sur les prix augmentent et tout cela ne permet pas de loger les Français dans des conditions compatibles avec leur pouvoir d’achat.