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Objets connectés : une entreprise française en pointe
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Laurent Rousseau, PDG d’Oceasoft : « Nous avons des brevets et des références prestigieuses qui jouent en notre faveur. »
La vague des objets connectés porte les PME françaises et Oceasoft compte bien en profiter. Le concepteur de capteurs connectés pour l’industrie a décidé de s’introduire en bourse pour lever 7,5 millions d’euros. Cette augmentation de capital permettra à la société, qui réalise 4,6 millions d’euros de chiffre d’affaires, de financer sa croissance à l’international ainsi que le développement de nouveaux produits. Oceasoft qui réalise 45% de son chiffre d’affaires à l’export, dont la moitié en Amérique du Nord, compte ouvrir une filiale aux Etats-Unis dans les prochains mois, en recrutant 7 personnes. A la fin 2015, elle devrait également ouvrir des filiales en Inde, en recrutant 4 personnes sur place. Laurent Rousseau, PDG d’Oceasoft, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : On parle beaucoup de ces objets connectés qui peuvent servir dans tous les domaines de notre vie quotidienne. Votre métier consiste-t-il à fabriquer les capteurs intégrés dans ces objets et à les revendre aux constructeurs, qui peuvent ensuite laisser libre cours à leur imagination marketing ?
Laurent Rousseau : Non. Même si nos capteurs de mesures interviennent dans le cycle de production et d’acheminement de produits destinés au grand public, nous ne sommes pas positionnés sur des objets récréatifs ou du quotidien. Nous sommes un acteur des objets connectés pour le monde de l’industrie et nous proposons des solutions qui vont des capteurs aux systèmes d’information de nos clients, en passant par les technologies de radiofréquences. Notre vocation n’est pas de vendre à des intégrateurs technologiques, mais directement à un client industriel. Par exemple, nous fournissons des capteurs de température pour le suivi de la chaîne du froid dans le domaine pharmaceutique pour surveiller la température de stockage ou de transport de vaccins, de médicaments ou d’autres produits de santé. Donc, nous proposons un produit fini, avec une offre de services associés.
Nous avons l’ouïe, la perception de la luminosité, l’odorat, le toucher, la perception de la température… Ces capteurs permettent-ils d’accéder à toutes ces dimensions ?
Nous sommes aujourd’hui positionnés sur des capteurs de paramètres physiques. La température est le premier paramètre dans les demandes de nos clients : 90% des mesures concernent la température, mais pas seulement. Nous avons également la possibilité de mesurer l’humidité relative, la pression différentielle ou le taux de CO2. Ce sont vraiment des paramètres utilisés dans l’industrie, dans le domaine de la santé, de l’agroalimentaire ou de l’environnement. Il faut savoir que sept des dix médicaments les plus vendus au monde sont sensibles aux variations de température. Les médicaments et les molécules associées sont de plus en plus complexes et la stabilité de ces produits de santé est cruciale. Donc, nous adressons ce marché en proposant aux industries pharmaceutiques des systèmes de surveillance, aussi bien dans la phase de production que dans la phase de stockage ou de transport. Cela vaut pour les poches de sang, les greffons, les médicaments, les souches, les vaccins ou autres produits de santé.