Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

La bourse aurait-elle déjà mangé son pain blanc ?

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

L’année 2014 se termine avec de très fortes turbulences sur les marchés obligataires et monétaires. Après avoir été fortement secouées, les places boursières ont réussi à se reprendre, grâce encore une fois à des interventions massives des banques centrales. Depuis, on vit dans un Monde dans lequel les obligations Allemandes (dette publique) rapportent à peine un demi pour-cent annuel ! Pour les investisseurs étrangers de la zone dollar, les pertes de change se montent à près de 10% sur l’ensemble de l’année qui vient de s’écouler et à 9,5% bruts si on compte le misérable coupon, sans compter la ponction fiscale.

Bien entendu, cette situation est de nature à pousser les investisseurs vers les actions et c’est justement ce que beaucoup d’entre eux ont fait. Mieux, ils sont de plus en plus nombreux à avoir choisi de placer leurs avoirs en dollars et de préférence sur les valeurs Américaines. A tel point, que Wall Street a caracolé de records en records absolus et le billet vert n’a cessé de se revaloriser face à la plupart des devises et tout particulièrement l’euro. En cumulant l’effet de change et la nette sur-performance des valeurs Américaines, cela a fini par créer un très fort décalage de capitalisations boursières en termes de PER et autres critères d’évaluation.

A tel point, que juste après la forte baisse du mois d’octobre, les cours des indices européens sont aussitôt revenus à leurs niveaux précédents grâce aux opérations d’arbitrages dictées par des écarts devenus tellement énormes. Le plus étonnant dans l’histoire est la très bonne tenue des indices Américains malgré les ventes suscitées par ces opérations d’arbitrages. Aujourd’hui, trois questions majeures se posent : Wall Street peut-elle continuer encore sur cette tendance avec ce rythme infernal ? Eurodollar peut-il poursuive sa dégringolade sans provoquer une crise monétaire majeure ? Les rendements des obligations d’État européens peuvent-ils continuer à baisser tout en trouvant des investisseurs alors que la masse de la dette explose à la hausse ? Cela est d’autant plus préoccupant que les grandes banques détiennent en grande quantité ce type d’actifs et qu’à la moindre inversion de la tendance, de lourdes pertes apparaîtraient aussitôt dans leurs bilans.

Or, la hausse du Cac 40 en 2013 puis 2014 a principalement bénéficié de trois moteurs qui menacent à présent de s’arrêter les uns après les autres. Cela sans compter l’effet mécanique bien connu hausse des taux = baisse des valeurs bancaires. Du point de vue technique, l’indice Cac 40 n’a pas réussi à suivre le mouvement des leaders que sont le Dow Jones et le Dax Allemand. Les cours ont stagné juste au-dessus des 4.300 points et n’arrivent même plus jusqu’à la ligne de résistance majeure de 4.40 points. Il manque donc du gaz et cela est plutôt inquiétant pour 2015. Le mois de janvier est d’ailleurs souvent révélateur de la tendance de l’ensemble de l’année.

En cas de cassure du soutien des 4.200 points, un retour rapide une nouvelle fois dans la zone des 3.900 points deviendrait hautement probable. A moins que M. Mario Draghi nous sorte une nouvelle trouvaille pour attiser encore la spéculation haussière et les algorithmes boursiers aveugles. Prudence donc pour 2015 !

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