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Pour 300 000 euros, une école à votre nom !
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Marième Tamata-Varin, maire de Yelbes (Seine-et-Marne) : « Au départ, je pensais qu’il serait plus facile de convaincre des personnes plus aisées que celles qui ont des petits revenus, mais c’est l’inverse… »
C’est une grande première en France : Marième Tamata-Varin, maire de Yelbes, une commune de 600 habitants en Seine-et-Marne, vient de lancer un appel aux dons sur Internet pour financer la construction de la nouvelle école du village. Ce qui est original, c’est que les noms des donateurs seront inscrits sur l’un de ses murs à partir de 1 500 euros. Et si quelqu’un fait un chèque de 300 000 euros, l’école recevra le nom du mécène : une école qui porte son nom, cela peut réjouir une personne qui en a les moyens ! Ainsi, jusqu’au 7 mars minuit, Yelbes fait appel au financement participatif. Le financement participatif, qui concernait au départ surtout des projets artistiques (musique, cinéma...) consiste à faire appel aux dons ou aux prêts de centaines ou de milliers d’internautes pour financer des projets d’entreprise ou des projets caritatifs. Marième Tamata-Varin répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Comment vous est venue l’idée de lancer un appel aux dons pour la construction de votre école ?
Marième Tamata-Varin : Nous n’avions pas le choix, puisque nous n’avions plus d’autres sources de financement. Nous avons épuisé toutes les subventions auxquelles nous avions droit, à savoir l’État, le Conseil général et la Région. Des parlementaires nous ont promis des enveloppes, mais nous savions bien que cela nous permettrait de récolter au maximum 100 000 euros. Or, il nous manquait 300 000 euros sur ce projet. En plus, l’augmentation des impôts n’était pas une solution, puisque nous avions besoin de l’argent rapidement. Nous ne pouvions pas emprunter non plus, puisque nous avons fait un emprunt de 300 000 euros l’année dernière pour la construction de la maternelle. Compte tenu de la difficulté rencontrée pour obtenir 300 000 euros l’an dernier, il ne fallait pas rêver et je savais que nous n’aurions pas de solution bancaire. Donc, c’est juste une question de moyens pour une petite commune comme la nôtre. Une école maternelle et une école élémentaire, ce sont des investissements lourds.
Cette initiative est-elle aussi liée au fait que vous avez 32 ans et que vous êtes issue d’une génération qui s’intéresse aux nouvelles formes de financement ?
Oui, le fait de ne pas avoir été formatée dans un moule classique, cela aide évidemment à oser des choses que d’autres auraient plus de mal à initier. Il ne faut pas avoir d’orgueil, il ne faut pas avoir honte de quémander... C’est ce que nous faisons, pour l’intérêt de la commune. Mais c’est sans doute plus facile à 32 ans qu’à 70 ans ! Vous êtes aussi sans étiquette et hors des partis… Cela nous octroie une grande liberté d’action et nous n’avons pas de comptes à rendre à une hiérarchie ou à un parti politique. Nous travaillons exclusivement pour notre commune, sans avoir la moindre pression politique, et c’est évidemment beaucoup plus facile.
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