L’opposition doit s’engager en priorité à lutter contre les excès de charges et les lourdeurs administratives

EN DIRECT AVEC...

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Alain Moyne-Bressand, député UMP de l’Isère : « Il y a une trentaine d’années, une loi faisait environ 5000 mots. Aujourd’hui, c’est dix fois plus ! »

Alain Moyne-Bressand, député UMP de l’Isère, vient de relayer avec véhémence la colère croissante des entrepreneurs contre les excès de charges, mais aussi contre la multiplication des lourdeurs administratives. À l’Assemblée nationale, il a interpellé Manuel Valls sur les mouvements de protestation qui s’étendent dans tout le pays : «La France souffre d’un endettement abyssal et la Commission européenne nous adresse constamment des rappels à l’ordre». La situation est inquiétante, avec «des chefs d’entreprise sans carnets de commandes, ne pouvant plus faire face à leurs fins de mois et dont le quotidien est devenu anxiogène. Or, un chef d’entreprise inquiet, ce sont aussi des salariés stressés, des embauches qui ne se font pas, des projets qui ne se réalisent pas. Nos chefs d’entreprise ne demandent pas l’aumône, mais simplement de ne pas subir des charges supérieures à celles qui s’appliquent dans d’autres pays européens, en particulier en Allemagne. Ils souhaitent pouvoir travailler sans subir les lourdeurs administratives, les réglementations et les contraintes qui les pénalisent au quotidien».

Par exemple, «le dispositif du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, le CICE, s’est révélé une véritable usine à gaz et n’a pas profité aux PME, qui constituent pourtant le véritable tissu économique de notre pays». Selon le parlementaire, dans son projet de reconquête, l’opposition doit avant tout se focaliser sur les charges et les lourdeurs administratives. Alain Moyne-Bressand répond à nos questions.


L’Hebdo-Bourseplus : Les entrepreneurs sont de plus en plus nombreux à manifester leur colère dans toute la France. Quelles doivent être les priorités ?


Alain Moyne-Bressand : Il faut absolument que le gouvernement prenne en compte ce problème de réglementation et de paperasserie pour libérer l’entreprise. On doit s’attaquer aux lourdeurs de toute nature pour aider les chefs d’entreprise, qui doivent se consacrer à leur métier. Politiquement, il faut vraiment une volonté forte car nous avons une administration, certes de qualité, mais trop importante. Nous avons voté beaucoup trop de lois et les décrets d’application sont beaucoup trop lourds. Il y a une trentaine d’années, une loi faisait environ 5000 mots. Aujourd’hui, c’est dix fois plus ! Tout est de plus en plus compliqué et, malheureusement, on n’a pas toujours des élus et des administrations qui savent vraiment ce que c’est que l’entreprise. Nos énarques sont des têtes bien faites, mais ce ne sont pas des gens qui connaissent les problèmes de fin de mois... Les fins de mois se feront toujours chez un énarque ! À partir du moment où il sort de l’ENA, sa vie est casée, il aura toujours un emploi et l’administration sera toujours là pour le récupérer. Donc, on a affaire à des gens qui créent des lourdeurs et des règlements qui sont souvent débiles. J’ai toujours dit qu’il fallait faire un plan Orsec de la simplification administrative ! Il faudrait un ministre d’État de la simplification, qui aurait pouvoir sur tous les autres, afin de bloquer tout ce qui est inutile.


Votre discours n’est pas nouveau, puisqu’en 2002 Jean-Pierre Raffarin avait nommé Henri Plagnol comme secrétaire d’État en charge de la simplification administrative. Or, rien n’a changé…

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.