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Les normes et les réglementations tatillonnes continuent de détruire des milliers d’emplois
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean-Charles Taugourdeau, député UMP de Maine-et-Loire : « Aujourd’hui, s’il y a un risque, on interdit ! »
C’est un véritable coup de gueule qui a été lancé par Jean-Charles Taugourdeau à l’Assemblée nationale. Le député UMP de Maine-et-Loire a interpellé le Premier ministre, Manuel Valls, sur les nombreuses entraves à l’activité économique : «Mille emplois sont détruits chaque jour dans notre pays, mais jamais on ne parle des milliers d’emplois qui ne sont pas créés à longueur d’année. Vous savez pourquoi, mais vous cachez la vérité cruelle aux Français, car elle n’est pas compatible avec les dogmes d’une partie de votre majorité. En France, des milliers d’emplois pourraient être créés à condition d’imprégner de bon sens nos codes et nos normes. Nous vivons un cauchemar, car il n’est plus possible de lancer de grands projets d’entreprise. Quand bien même nos entrepreneurs, et même l’État, obtiendraient, après des mois, voire des années d’attente interminables, l’autorisation de démarrer leur projet d’entreprise, alors ils se trouveraient nez à nez avec des activistes : barrage de Sivens, projet de Center Parcs en Isère, aéroport de Notre-Dame-des-Landes, et j’en passe. Imaginez qu’un grand projet se situe à Paris : laisserait-on l’esplanade des Invalides occupée ? Bien sûr que non !» Le parlementaire évoque les insupportables tracas que doivent subir chaque jour des milliers d’entrepreneurs en France. Il répond à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : Malgré les discours du gouvernement, il y a toute une série de textes et de réglementations qui continuent de cadenasser l’économie. Sans réformer cela, il sera impossible de renouer avec la croissance. Est-ce sens du message que vous venez de faire passer à Manuel Valls à l’Assemblée nationale ?
Jean-Charles Taugourdeau : C’est exactement cela. Il y a effectivement le coût du travail, le Code du travail et des normes environnementales qui sont retranscrites toujours à l’excès par notre administration française. Finalement, on n’a pas profité des bienfaits du Grenelle de l’environnement qui signifient qu’aucun projet ne peut sortir «écologiquement incorrect» du carton de la préfecture. C’est une bonne chose que de mettre dans l’esprit de tout le monde la nécessité de protéger l’environnement, mais on aurait pu, à partir de là, raisonner avec bon sens et intelligence et revoir les normes a minima comme le font les autres pays européens. Il y a aussi ce fameux principe de précaution. Eric Woerth vient de défendre une nouvelle proposition de loi pour revoir ce sujet. Tout cela partait d’un bon état d’esprit et du fait qu’il ne fallait pas expérimenter sans précautions. Or, aujourd’hui, s’il y a un risque, on interdit ! Tout cela a été dévoyé par des intégristes verts qui sont très actifs. À cela s’ajoutent des affaires comme Sivens, Notre-Dame-des-Landes ou le Center Parcs en Isère… Après plusieurs mois de procédures et d’autorisations, même l’État se retrouve avec des terrains qui sont occupés. S’il y avait un grand projet d’aménagement à Paris, il est évident qu’on ne laisserait pas des territoires entiers occupés par des activistes ! Souvenez-vous, à l’emplacement du Stade de France, il y avait une zone de non-droit avec des SDF et des squatters… L’État a quand même pu lancer les travaux du Stade de France. Cela montre bien que c’est toujours plus facile à Paris.
On dit souvent que si le principe de précaution avait existé au XVème siècle, Christophe Colomb n’aurait jamais découvert l’Amérique puisqu’on ne l’aurait pas laissé partir…
Oui. On n’aurait pas construit les châteaux de la Loire et même le château de Versailles, puisqu’il était en pleine forêt et, aujourd’hui, on ne peut pas construire en pleine forêt… Il n’y aurait pas eu la tour Eiffel non plus. Donc, Paris serait resté Lutèce et ce ne serait pas tout-à-fait la même chose...