Pour le retour d’une droite de conviction
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Philippe Gosselin, député UMP de la Manche : « Une droite de conviction, plus que jamais c’est d’actualité. »
Philippe Gosselin, député UMP de la Manche, commente l’actualité de son parti après l’élection de Nicolas Sarkozy par les adhérents. Philippe Gosselin avait soutenu la candidature d’Hervé Mariton. Il estime que Nicolas Sarkozy doit maintenant rassembler et défendre une droite de conviction.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous aviez soutenu Hervé Mariton et l’on se doute qu’il s’agissait surtout d’une candidature de témoignage pour mesurer le courant des valeurs au sein de l’UMP. L’analyse de ce scrutin permet-elle de traduire ce que pensent les militants UMP ? Signifie-t-il que plus de 90% des adhérents de l’UMP ne seraient finalement pas si sensibles aux questions de société, comme le mariage pour tous ?
Philippe Gosselin : On ne peut pas conclure cela. D’abord, le tiercé est dans l’ordre auquel on l’attendait : Nicolas Sarkozy en tête, Bruno Le Maire, Hervé Mariton. Nicolas Sarkozy réunit moins des deux tiers des militants et c’est évidemment un beau score. Maintenant, il faut tout de même temporiser. Les quasi 30% de Bruno Le Maire sont un événement car personne, en juillet dernier, lorsqu’il s’était lancé dans l’aventure, n’aurait parié sur un tel score. J’ai parrainé Hervé Mariton, qui est un homme de conviction. Il était crédité de 1 ou 2%, or il franchit la barre des 6%. Il y a quand même eu 10 000 adhérents de l’UMP qui se sont retrouvés derrière ses convictions et ses valeurs. C’est quand même très significatif. Alors, on ne peut pas dire que 90% des adhérents de l’UMP ne se retrouvent pas dans les questions de société. Il y a forcément des gens qui ont voté pour Nicolas Sarkozy en intégrant les remarques qu’il a pu faire devant Sens Commun. Les positions de Bruno Le Maire sont plus ambiguës, mais il s’intéresse quand même aux questions de société. Ce qui ressort, pour une grande partie des militants, c’est surtout cette volonté de tourner une page après une période délicate et leur volonté d’avoir un chef. Vu le résultat des uns et des autres, Nicolas Sarkozy est clairement dans l’obligation de rassembler. Quand on a plus d’un tiers des adhérents qui se retrouvent sur d’autres candidats, c’est qu’il y a une attente.
Tout le monde a reconnu que le programme d’Hervé Mariton était le plus clair sur de nombreux sujets. Il était aussi le plus en adéquation avec les idées des adhérents de l’UMP. Pensez-vous qu’il y ait eu un réflexe de vote utile ?
Il y a eu effectivement un vote utile. Il ne faut pas oublier qu’Hervé Mariton avait très peu de moyens. Ce ne sont pas, bien sûr, les moyens qui font l’élection. Mais quand vous intervenez dans des petites salles parce que vous n’avez pas un gros budget, avec une petite équipe de bénévoles, vous n’avez pas évidemment l’impact médiatique d’une salle de 4 000 personnes où tous les médias sont présents. Il y a une forme de distorsion de concurrence... La campagne d’Hervé Mariton a été remarquable, parce qu’il a fait 120 réunions dans tous les départements de France et sans moyens. Arriver, dans ces conditions, à faire plus de 6%, c’est assez remarquable ! On a eu aussi chez Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy tendance à renvoyer Hervé Mariton dans ses pelotes, en le réduisant à ses propositions sur le mariage pour tous. En réalité, les propositions d’Hervé Mariton étaient beaucoup plus larges, puisqu’il avait des propositions sur la vie du mouvement, des propositions économiques, des propositions fiscales… D’ailleurs, si plus d’une cinquantaine de parlementaires nationaux et européens l’ont soutenu, ce n’est pas par hasard, ce n’est pas simplement pour le plaisir de lui être agréable... C’est parce qu’il est porteur de convictions et je crois que le nouveau président de l’UMP ne pourra pas passer à côté de ces convictions, parce que l’on ne peut pas se contenter d’un casting. Il ne s’agit pas simplement d’avoir une tête d’affiche, il faut des convictions et un projet pour rénover. Nos concitoyens attendent des réponses à un certain nombre de questions, économiques, sociales : comment lutter contre le chômage, comment remettre en selle nos entreprises, comment assurer la place de notre pays en Europe et dans le monde, comment répondre aux besoins de nos armées... Comment répondre aux attentes de nos concitoyens en matière sociétale, c’est vrai aussi sur la filiation, l’euthanasie et d’autres sujets. L’élection de ce week-end ne suffit pas, et c’est heureux, à évacuer toutes les questions qui se posent pour les deux ans et demi à venir.
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