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Peut-on éviter un krach obligataire ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
La forte baisse d’octobre suivie du mouvement haussier actuel rendent les marchés financiers particulièrement difficiles à lire. Les investisseurs se demandent ce qu’il pourraient encore espérer d’un marché obligataire dont les maigres rendements suffisent à peine à rémunérer les intermédiaires. En France, la situation devient particulièrement ubuesque car il faut en plus s’acquitter de l’ISF, ce qui « mange » chaque année une part significative du capital des investisseurs aisés encore résidents. Outre l’aspect moral, politique ou philosophique sur la pertinence d’un tel dispositif, c’est son existence même dans un environnement mondialisé et concurrentiel qui devient aujourd’hui extrêmement dangereuse pour l’équilibre financier et économique de la France. Pour le moment, la poursuite de la baisse des taux longs continue à doper les marchés actions qui évoluent à proximité de leurs plus hauts annuels, voire historiques en ce qui concerne les places américaines et allemandes. Le rendement de l’OAT de 10 ans, produit phare de la dette Française, a encore baissé au cours des deux dernières semaines, passant en dessous de 1 %. Ce nouveau record absolu semble cependant créer désormais un problème pour les investisseurs qui semblent s’interroger sur l’opportunité de basculer leurs obligations en actions alors que les indices boursiers se trouvent au plus haut.
La question sous-jacente concerne en fait l’adéquation des niveaux des taux avec les paramètres économiques actuels. Qu’est ce qui pourrait encore donner des raisons suffisantes aux investisseurs pour continuer à mettre leurs capitaux dans quelque chose qui rapporte moins de 1 % l’an alors que le risque qui lui est attaché augmente avec la taille globale sans cesse croissante de la dette elle-même ? Bien entendu, cette question centrale et cruciale hante les nuits des responsables des banques centrales, qui chaque fois que les marchés toussent, se précipitent pour annoncer de nouvelles injections de liquidités dans le système et entretenir ainsi une hausse générale qui n’a plus de sens.
Entre prêter son argent sans intérêt aux États et acheter des actions extrêmement surévaluées, le chemin devient de plus en plus étroit pour les investisseurs. Pendant ce temps-là, la spéculation reste à l’affût du moindre signal pour pousser les cours dans un sens ou dans l’autre. Sur le plan technique, l’indice Cac 40 se trouve à proximité immédiate de sa zone de résistance à long terme de 4.400 points avec quelques tentatives de débordement avortées jusqu’à présent. Au niveau des indicateurs secondaires, globalement, la situation reste particulièrement tendue avec d’un côté une forte poussée haussière sous-jacente et de l’autre côté, des prises de bénéfices profitant de la forte hausse encore en cours. A la baisse, le support significatif le plus proche se trouve autour de 4.350 points. En cas de cassure, le suivant se situe dans la zone des 4.300 points.
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