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Est-ce une nouvelle bulle spéculative ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Il y a quelque chose que je n’arrive pas du tout à comprendre : Depuis un certain temps, plus les États s’endettent, moins ils paient d’intérêt ! Profitant de ce paradoxe, les « pingouins » aux commandes à Bruxelles et ailleurs sur le vieux continent se demandent, à juste titre, pourquoi se priver d’une telle aubaine ? Après Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne qui vient de s’(auto) octroyer 1.000 milliards d’euros de capitaux, garantis (donc à emprunter) par les États membres, pour racheter de la dette en souffrance sur les marchés, voilà Jean-Claude Junker, le président de la Commission européenne, qui propose de mettre en place une autre usine à gaz à 315 milliards d’euros pour « remettre l’Europe au travail ».
Là encore, on a beau regarder ces milliards sous les tous les angles, ce n’est ni plus ni moins que de la dette à créer et à garantir in fine par les États membres, c’est-à-dire par les citoyens contribuables européens ! Je comprends d’autant moins la nécessité d’acheter des actifs à des taux d’intérêt aussi bas et d’injecter des montagnes de liquidités dans un système économique complètement submergé par les taxes et paralysé par l’enchevêtrement des paperasses à dissuader les plus téméraires à entreprendre. Pour le moment, la méfiance des investisseurs étrangers ne se voit que dans l’évolution de l’Eurodollar qui a dégringolé à grande vitesse depuis les 1,40 dollar de la mi-mai. Dans un premier temps, cette évolution monétaire est une certaine forme de dévaluation (de 11 % en l’occurrence) comme le faisaient les gouvernements d’antan à l’époque du Franc.
Or, les récentes données macro-économiques semblent montrer que seuls les pays qui ont réellement réalisé les réformes nécessaires seraient en mesure de bénéficier correctement de cette redistribution des cartes. Les autres entreraient par conséquent dans une spirale de surendettement que le niveau de leur économie ne permettrait pas de résorber dans le temps. A terme, ce sont ces contours d’une Europe à deux vitesses ou plus aboutiraient à un éclatement de la monnaie unique et de tout le système sous-jacent qui y est lié.
Bien entendu, la hausse actuelle des places boursières n’anticipe pas du tout ce scénario car l’afflux massif de ces liquidités masque complètement la situation à court terme et provoque mécaniquement une bulle sur les marchés financiers. La gestion de l’Europe ne doit pas se limiter à empêcher à tout prix les marchés de baisser ! Du point de vue technique, ces décisions ont non seulement arrêté l’hémorragie d’octobre mais ils provoquent désormais des mouvements haussiers bien trop rapides pour être sains. A y regarder de plus près, on voit un Dow Jones très largement au-dessus de ses anciens sommets d’avant correction, un Dax qui s’en approche de très près et enfin un Cac 40 encore à 200 points de ses sommets annuels.
Quant aux records absolus respectifs, la divergence est beaucoup plus flagrante. Pour les semaines à venir, il est tout à fait possible d’observer une nouvelle accélération haussière sur les places boursières à l’instar de ce l’on avait connu en 2000 !! A contrario, la fragilité du système est telle qu’à tout moment un accident de parcours serait susceptible de mettre le feu aux poudres. Dans cet environnement financier hautement malsain, la prudence doit primer sur l’appât du gain facile. Pour le moment sur le Cac 40, les cours se trouvent au niveau de la nouvelle ligne de résistance baissière.