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Russie : nombreuses sont les entreprises qui y croient.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine nos études traditionnelles sur les sociétés, sur le décryptage des comptes et sur leurs perspectives, sur les pays, sur les secteurs et les grands sujets, conseils à l’appui. La semaine prochaine (numéro 770) : “Peugeot : la réussite du Plan Varin”. Bonne lecture !!!
Lors du sommet de Brisbane, en Australie, Vladimir Poutine, mis au banc des accusés (ou presque) par les dix-neuf autres participants, a décidé d’écourter sa visite, de repartir plus tôt. Pourtant, que l’on soit Russe ou que l’on soit simplement observateur du monde, il faut ne jamais oublier que la Russie n’est pas un pays à négliger, à mépriser. Ce n’est pas par hasard si, dans un contexte très hostile, M. Christophe de Margerie était à Moscou, pour une réunion sur l’énergie, lorsqu’il a eu son funeste accident d’avion. Avec un territoire de 17 millions de kilomètres carrés (33 fois la France), la Russie est, de loin, le plus vaste état du monde. C’est un pays peu peuplé, avec 143 millions d’habitants, dont 20 millions sur la Sibérie, et 120 millions environ sur la partie européenne, essentiellement dans les grandes villes. Un peu comme les Etats-Unis, la Russie est une république fédérale. Il fut un temps où il y avait des gouverneurs élus, désormais, ils sont nommés, mais il ne faut jamais oublier ce côté fédéral et les pouvoirs locaux, lorsque l’on regarde l’économie de la Russie.
Le pétrole, mais pas seulement.
C’est un pays qui dispose de ressources considérables, en hydrocarbures, mais bien sûr sur d’autres matières premières telles que le charbon, l’or, le cobalt, le nickel, le diamant… et le bois. La Russie est toujours, légèrement devant les Etats-Unis, le deuxième producteur mondial de gaz et de pétrole. L’exportation des ressources naturelles représente plus des deux tiers des exportations russes et, pour le développement futur, l’Etat de Russie cherche à exporter moins de matières premières brutes et davantage de matières premières transformées. Par exemple, il y a une taxe à l’exportation de bois brut, de grumes, pour que ce bois soit scié, et si possible transformé en meubles, sur le territoire russe, les meubles et le bois apprêtés sont exportés sans droits de douane pénalisants. La Russie avait mis en place du temps de l’URSS, un énorme complexe militaro-industriel qui représentait environ 60 % des investissements du pays.
Il demeure quelques restes, notamment dans la métallurgie, dans le nucléaire, dans l’armement, et dans le spatial, même si, on a pu le voir avec plusieurs loupés des fusées Soyouz, il n’y a pas aujourd’hui une maîtrise totale des technologies, qui ont évolué depuis la chute de l’URSS ou, bien évidemment, encore davantage, depuis l’exploit qui fut celui de lancer le premier homme dans l’espace en 1961. Pour développer son pays, la politique économique du président Vladimir Poutine comme de son Premier ministre (ancien président) Medvedev est d’accélérer, autant que faire sera possible, la diversification du tissu économique, du tissu industriel, de la production locale. L’invasion et l’annexion de la Crimée, la persistance de troubles dans la partie orientale et russophone de l’Ukraine peuvent participer, du point de vue russe, à cette remise en avant du « fabriqué en Russie », qui vise, sinon l’autosuffisance, du moins une plus grande autonomie par rapport à des importations financées par les ventes d’hydrocarbures. Si Poutine a choisi Renault pour redevenir le propriétaire du seul constructeur russe, AvtoVAZ, en 2008, c’est tout simplement parce qu’il a pu constater, et il l’a très clairement affirmé dans des déclarations publiques, que Renault, tout en contrôlant Nissan, avait laissé une grande autonomie et une vraie image forte à sa filiale japonaise.
Renault a remis AvtoVAZ (Lada) sur pieds.