Le combat d’un maire pour faire renaître un bar dans sa commune

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jean-Patrick Chaussadas, maire de Saint-Priest-les-Fougères (Dordogne) : « Les gens n’attendent plus que la réouverture du bar. »

Le bar est un lieu de vie essentiel dans une commune. En effet, c’est l’endroit privilégié où les habitants aiment se retrouver pour discuter. S’il disparaît, tout le monde se rend compte à quel point il était indispensable... C’est pour cette raison que lors de sa dernière campagne électorale, Jean-Patrick Chaussadas, maire de Saint-Priest-les-Fougères, une commune de 400 habitants située dans le département de la Dordogne, a placé comme priorité la renaissance du bar. La municipalité possède les murs, ainsi que la licence IV qui devait arriver à expiration fin octobre. Pour prolonger sa validité, il a fallu ouvrir provisoirement l’établissement, ce qui n’a pas été facile car cela requiert quelqu’un qui accepte de suivre une formation spécifique. Jean-Patrick Chaussadas a maintenant trouvé une personne en mesure de tenir cet établissement, mais il faut encore mettre celui-ci aux normes, ce qui nécessite plus de 250 000 euros de travaux. Le maire lance donc un appel aux investisseurs. Il y a quelques décennies, c’était si simple d’ouvrir un bar dans un village, or, aujourd’hui, cela s’apparente à un parcours du combattant !


L’Hebdo-Bourseplus : Quelle était la situation de ce bar et comment avez-vous pu organiser sa réouverture provisoire ?

Jean-Patrick Chaussadas : Nous avions un bar, qui faisait aussi de la presse et du tabac, qui a dû fermer à la suite du divorce des gérants. La commune, à l’époque du maire précédent, a donc racheté la licence IV. Comme elle n’était pas exploitée depuis trois ans, nous avons pris l’initiative de rouvrir un bar temporaire fin octobre, car la date d’expiration de la licence IV était le 28 octobre. Mais ce fut un vrai parcours du combattant. Il a fallu procéder à de nombreuses démarches, auprès du procureur de la République, de la préfecture et de la sous-préfecture... Nous avons même dû demander à une personne du village de faire une formation pour tenir un bar. Un élu, ce n’était pas possible... Il a donc fallu chercher une autre personne. Finalement, les choses se sont très bien passées au cours des deux week-ends d’ouverture puisque les gens de la commune sont venus : tout le monde a joué le jeu en consommant et ils n’attendent plus que la réouverture du bar.


Vous auriez pu penser que ce n’était pas si important et donc renoncer à cette licence IV. Comment avez-vous pris conscience du fait que la commune avait vraiment besoin de ce bar ?

Avant d’être maire, j’étais président du comité des fêtes et j’avais conscience de l’importance de ce lieu, qui est avant tout un lieu de rencontre. Après sa fermeture, chaque fois que je passais devant, je trouvais toujours dommage de le voir fermé et j’étais conscient de la nécessité de trouver une solution pour rouvrir ce bar. Il y a eu un consensus au sein de la population sur cette question, qui a d’ailleurs été un point important de mon programme lors des dernières élections municipales. J’avais insisté sur la nécessité d’avoir un bar pour la population de Saint-Priest-les-Fougères...

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