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Valtech veut conquérir le peloton de tête des agences de marketing digital
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Sébastian Lombardo, PDG de Valtech : « Nous offrons des choses que les filiales digitales des agences n’offrent pas ! »
Valtech vient de présenter son plan stratégique 2015-2017, surnommé Rocket. Objectif d’ici à trois ans : faire partie du top 5 des sociétés de marketing digital et technologique, et atteindre un chiffre d’affaires d’environ 250 millions d’euros. Pour y arriver, le groupe mise sur l’international et sur le marché de la donnée. Sébastian Lombardo, PDG de Valtech, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Pour résumer l’histoire de Valtech, vous avez commencé dans des métiers proches de la SSII traditionnelle, alors qu’aujourd’hui vos offres se rapprocheraient davantage de celles d’une web agency ou d’une agence de publicité… Comment analysez-vous cette évolution ?
Sébastian Lombardo : C’est un peu le cas, à quelques nuances près. Nous ne sommes certainement pas une agence de publicité, or vous faites allusion à l’activité digitale des grands groupes, comme Publicis ou WPP, mais il y a aussi dans les agences la partie médias et publicité. Comme nous n’intervenons pas sur la partie médias, ce qui est comparable avec une agence traditionnelle, c’est l’activité digitale, comme Digitas pour Publicis. Ces agences font du contenu digital et même du commerce en ligne. Elles intègrent aussi l’achat d’espace dans leurs structures et cela nous ne le faisons pas. Mais pour tout le reste, nous sommes en concurrence avec les filiales digitales des agences de publicité. Il reste encore dans différents pays quelques agences indépendantes, qui sont évidemment nos concurrentes, ainsi que des sociétés de services, comme Accenture, qui ont également procédé à des acquisitions de sociétés concurrentes de Valtech. Maintenant, pour revenir à ce qu’était Valtech au départ, nous avions une activité qui se rapprochait du profil des sociétés de services informatiques, mais sur un créneau très haut de gamme, comparé aux sociétés informatiques plus traditionnelles.
Il y a des éléments plus spécifiques, comme le fait que nous soyons une société internationale, et à taille comparable, il y a peu de sociétés de services qui sont dans ce cas. C’est un atout. Valtech est également la société pionnière au niveau mondial de ce que l’on appelle l’agilité. Nous travaillons aussi sur des technologies et des méthodologies qui sont assez avancées par rapport à des sociétés de services. En fonction de la localisation du pays, nous avons aussi des profils différents puisque nous ne sommes pas un groupe intégré. Les activités sont beaucoup plus orientées vers le digital dans les pays nordiques. Aux États-Unis, le profil est plus orienté vers l’agilité. Et, en Inde, l’activité offshore est importante. Historiquement, Valtech a toujours été une société différente, mais effectivement il y a eu une mutation complète au cours de ces quatre dernières années, notamment sur le profil, les offres et même la clientèle. Donc, Valtech est aujourd’hui une agence digitale qui n’a rien à voir avec ce qu’elle était il y a quelques années. Enfin, par rapport à nos concurrents, nous avons des compétences technologiques qui vont bien au-delà de ce qu’ils peuvent faire.
Vous ne vous contentez pas de faire des sites Internet ou des sites de commerce en ligne, puisque vous allez jusqu’à la création de mondes virtuels ou à un travail stratégique pour amener les clients d’un catalogue papier vers le digital… En matière de recherche et développement, votre réflexion doit donc être permanente…