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La France est-elle le maillon faible de l’euro ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Le marché plafonne autour de 4.250 points et n’arrive pas à se maintenir au-dessus. A priori, cela n’a rien d’étonnant car il vient tout de même d’un plus bas de 3.789 points, ce qui représente déjà une sacrée performance. Cette reprise est bien entendu largement tirée par la santé éclatante de Wall Street et du Nasdaq. Cela n’empêche pas de faire le constat que le Cac 40 reste encore très loin de ses sommets annuels et encore plus de ses records historiques de 7.000 points ! Ceci amène à s’interroger sérieusement s’il n’y aurait pas de l’eau dans le gaz depuis belle lurette, ce dont peu de gens sont réellement conscients. En France, les petites entreprises et les ménages arrivent de moins en moins à faire face aux prélèvements obligataires qui deviennent tout simplement insupportables. Le tissu industriel qui faisait jadis la solidité du modèle économique Français a rétréci au fil des années comme peau de chagrin à force de dépôts de bilans, de restructurations et de délocalisations.
Même la chute vertigineuse de l’euro ne permet plus à la France de gonfler ses commandes issues de l’étranger pour la simple raison qu’il n’y a plus d’outil industriel pour le faire ! Même la Bourse de Paris n’arrive plus à suivre la hausse des marchés Américains et commence déjà à décrocher bien avant le reste de la planète. C’est justement de là où il faudrait se méfier car la plupart des analystes pensent que si risque de krach il y avait, il viendrait forcément des États-Unis à cause de ses géants de l’Internet aux capitalisations stratosphériques. Non, le vrai danger, le danger imminent se trouve en France et plus précisément au niveau du système bancaire qui n’a pas encore été réformé. Et pourtant, les marchés ont offert une occasion historique aux responsables politiques et monétaires pour mener à bien l’assainissement du système par la capitalisation des bénéfices annuels des trois dernières années (et non pas leur distribution!) et les augmentations de capital indispensables qui auraient dû intervenir immédiatement après la crise de la dette Grecque.
C’est encore la même chose en ce qui concerne les finances publiques avec une absence totale de prise en main des déficits qui, au contraire, se sont aggravés sur une période pourtant hors crise. Aujourd’hui, c’est la question de confiance des marchés et des investisseurs qui se pose frontalement pour l’ensemble de l’Europe et de la zone euro. La réponse de la BCE en forme de plan « QE » de rachat des dettes en souffrance sur les marchés ne peut pas tenir sur la durée, elle en est même dangereuse. Aujourd’hui, la chute de l’euro menace directement l’équilibre financier de nos grandes banques car leur activité à l’international nécessite de posséder suffisamment de dollars. Sur le plan technique, les cours se trouvent actuellement juste en dessous de la ligne de résistance d’un nouveau canal d’évolution baissier, passant actuellement autour de 4.250 points. Au-dessus, se trouve la zone de la MM200 située vers 4.320 points et dont la pente est devenue franchement baissière.
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